NON de gauche

Publié le par France Républicaine

Par Christine Courcol

PARIS, 27 mai 2005 (AFP) - Le non de gauche, Ligue communiste révolutionnaire exceptée, a tenu son dernier meeting unitaire vendredi à Paris dans une ambiance de victoire, surfant avec enthousiasme sur la vague des sondages prédisant une nette avance du non au référendum de dimanche.

1.500 à 2.000 personnes, réunies à l'institut du judo, une vaste salle pour rencontres sportives, n'ont pas ménagé leurs applaudissements aux orateurs qui se succédaient à la tribune, sous la houlette de Pascal Cherki, adjoint PS aux sports du maire de Paris.

Parmi eux, les socialistes Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez, Claude Bartolone et Gérard Filoche et les Verts Martine Billard et Jean Desessard.

"Rien n'est joué, tant que les Français ne se sont pas exprimés, la bataille ne sera ni gagnée ni perdue, la bataille est devant nous, pas derrière nous", a lancé le socialiste Henri Emmanuelli .

A l'adresse de Lionel Jospin, pour qui il faudrait mélanger dans un "shaker" des non de gauche "incompatibles", il a déclaré : "je dis aux secoueurs de shaker que la gauche a été toujours diverse, que la gauche aussi ne peut gagner que rassemblée". "Il n'y a pas de victoire possible quand on commence à dénigrer des pans entiers de la gauche", a-t-il ajouté.

L'ancien ministre de Gerhard Schroeder, Oskar Lafontaine, a assuré qu'il était "temps de réagir". "Nous ne sommes pas appelés à remuer les cendres de Jean Jaurès mais à ranimer sa flamme", a-t-il ajouté, en allemand.

Même si "les choses ne sont pas encore réglées", "nous allons gagner car le non est porteur de vos colères, de vos révoltes, de vos luttes", a lancé Marie-George Buffet. "Fermez cinq secondes les yeux, vous êtes à 22h dimanche soir, imaginez leur tête, ça vaut le coup", a dit encore la secrétaire nationale du PCF.

"Nous avons déjà remporté une victoire, cette formidable mobilisation citoyenne", s'est réjouie la vice-présidente Verts de l'Ile-de-France Francine Bavay, tandis que des militants agitaient des drapeaux et des parapluies aux couleurs du parti. "Nous sommes entrés en résistance", a dit Clémentine Autain (app PCF).

"C'est pas encore gagné, tous les coups vont être permis d'ici dimanche, il faut rester mobilisés", a déclaré le syndicaliste José Bové.

Suite à la décision du ministère de l'Intérieur de ne pas ouvrir les préfectures avant 22h (le vote ne s'achèvera qu'à 22 heures à Paris et Lyon), il a demandé "un regard collectif" sur le dépouillement et le ramassage des bulletins de vote. "Nous serons vigilants", "nous n'accepterons pas qu'on nous vole nos bulletins de vote", a-t-il lancé.

Bernard Cassen, président d'honneur d'Attac, a fait huer, nominalement, "la caste médiatique", "bêlant le oui dans des prairies de plus en plus désertes, qui tournent en rond dans une bulle en lévitation au-dessus de la réalité française".

L'avocate féministe Gisèle Halimi a vilipendé "l'embrigadement des médias qui restera dans l'histoire comme un tache indélébile dans la liberté que nous avons d'une juste information".

L'ancien ministre socialiste belge Jean-Maurice Dehousse a affirmé que "ce sont les gens du oui qui ont ouvert un boulevard au Front national" et que ce sont les gens du non qui ont "fait surgir une force nouvelle qui est la seule à pouvoir faire barrage".

Il manquait à la fête le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot, dont Henri Emmanuelli , avait-il dit à l'AFP, refusait la présence.

 

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par Christine Ollivier

PARIS, 27 mai 2005 (AP) - Pour leur ultime meeting de campagne à 48 heures du référendum sur la Constitution européenne, les leaders du "non" de gauche ont appelé les électeurs à se mobiliser dimanche et à dire "deux fois non" à la Constitution européenne et à Jacques Chirac, selon l'expression d'Henri Emmanuelli .

Devant quelque 2.000 personnes réunies à l'institut du Judo dans le XIVe arrondissement de Paris, les socialistes Henri Emmanuelli , Jean-Luc Mélenchon, Claude Bartolone -proche de Laurent Fabius-, et Marc Dolez, la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet, les Verts Martine Billard et Francine Bavay, et l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne José Bové ont affiché un front uni pour lancer leurs ultimes arguments, aux côtés d'un invité de marque: Oskar Lafontaine, ancien président du SPD de Gerhard Schroder et ancien ministre des Finances, qui vient de claquer la porte de son parti.

"Cela fait trop longtemps que la gauche européenne regarde le capital soumettre un continent", alors "il est temps de réagir", a dit M. Lafontaine. "Un non français pourrait initier la renaissance d'une gauche qui réanime la flamme socialiste", voulait-il croire. Au même moment, le chancelier Gerhard Schroder faisait campagne pour le "oui" à Toulouse aux côtés du socialiste Dominique Strauss-Kahn.

Henri Emmanuelli a répondu à la dernière intervention du président Jacques Chirac, qui a appelé les Français jeudi soir à "ne pas se tromper de question". "N'oubliez pas de lui faire la bonne réponse. Et la bonne réponse, c'est non", a-t-il rétorqué.

"M. le président de la République, il ne faut pas confondre un référendum avec un ultimatum", a-t-il lancé. "L'Europe qu'il nous promet sera à l'image de la France qu'il nous fait. C'est la raison pour laquelle nous lui dirons deux fois non". Quant à la "nouvelle impulsion" gouvernementale annoncée par le chef de l'Etat, "nous connaissons la valeur des promesses de Jacques Chirac", a répondu Henri Emmanuelli .

Dans un message au Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, il a souligné "que la gauche ne peut gagner que rassemblée" et qu'"il n'y a pas de victoire possible quand on commence par dénigrer des pans entiers de la gauche" et par "jeter l'opprobre sur une partie du peuple de gauche".

"Quel que soit le résultat dimanche" il ne faudra pas "décevoir" l'espoir du "peuple de gauche", a-t-il averti. Et "je dis au secoueur de shaker que la gauche a toujours été diverse", a-t-il ajouté dans une allusion à Lionel Jospin.

"Rien n'est joué", a souligné le député socialiste, alors qu'un ultime sondage CSA publié vendredi soir par la "Tribune de Genève" enregistre une baisse du "non" de trois points, à 52% d'intentions de vote. Mais un autre sondage Ifop publié vendredi donne au contraire le "non" à 56%. "Tant que les Français ne se seront pas exprimés, la bataille ne sera ni gagnée ni perdue", a rappelé M. Emmanuelli .

"Tous les coups vont être permis jusqu'à dimanche. Il faut rester mobilisé", a prévenu de son côté José Bové. Ainsi, des "procédures sont mises en place pour qu'il n'y ait pas un regard collectif sur le dépouillement", a-t-il accusé.

Dans un communiqué, le Parti communiste a "constaté" vendredi que dans plusieurs départements "les préfectures n'ouvriraient pas dès la fermeture des bureaux de vote, comme c'est l'usage lors de tout référendum". "L'usage est pourtant que les résultats soient portés à la connaissance des mandataires des partis politiques et des représentants de la presse locale, au fur et à mesure des travaux de la commission ad hoc, située en préfecture".

"Nous serons vigilants et nous serons aussi devant les préfectures et les sous-préfectures" dimanche, a prévenu l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne. "Nous n'accepterons pas qu'on nous vole le droit de vote", a-t-il ajouté, en appelant à donner "le premier coup de pioche contre la Bastille libérale européenne".

Et "quand le non aura gagné", il a appelé les électeurs à "mettre la Constitution dans une belle enveloppe" lundi avec pour adresse "M. le président de la République Jacques Chirac": "nous lui renverrons son texte par la Poste!".

"Il nous reste quelques heures", alors "il faut convaincre un à un" les électeurs d'aller voter dimanche, a également insisté Marie-George Buffet. La secrétaire nationale du PCF s'est tout de même offert un "petit plaisir": "fermez sept secondes les yeux. Vous êtes à 22h dimanche soir. Imaginez leur tête. Ca vaut le coup!".

 

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par Karine G. Barzegar

PARIS, 27 mai 2005 (AP) - Ils étaient tous là. Ou presque. A l'exception de Laurent Fabius qui n'a participé à aucun rassemblement de ce genre pendant la campagne et de Lutte ouvrière qui a fait cavalier seul, les ténors du "non de gauche" ont lancé un dernier appel au rejet de la Constitution européenne, à deux jours du référendum de dimanche.

Réunis vendredi place Henri Frenay, dans le 12e arrondissement à Paris, Henri Emmanuelli , Jean-Luc Mélenchon, José Bové, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet ont tour à tour défendu un "non" unitaire, internationaliste et européen au traité constitutionnel, avec des discours aux accents révolutionnaires.

"Quand la gauche se met en marche, quand le peuple se met en marche, vous verrez que les technostructures suivront, et si elles ne suivent pas, nous les remplacerons", a déclaré le député socialiste Henri Emmanuelli , avant de lancer: "En avant camarades, et en avant pour la victoire!"

Arborant sur sa chemise rouge à carreaux un pin's "J'aime l'Europe, je vote non", le fondateur de la Confédération paysanne José Bové a dénoncé "la fatalité de cette Constitution libérale" qui menace l'environnement et l'avenir des paysans. "Nous sommes ici en ce joli mois de mai pour fêter l'insurrection démocratique du peuple de France", a-t-il proclamé, sous les applaudissements de quelque 500 syndicalistes et militants de gauche réunis sur l'Esplanade.

"Le 29 mai, le 'non' doit triompher, nous avons encore 48 heures de travail et je suis sûr que le 29 mai à 22h ce sera une énorme fête, une fête de l'espoir, une fête de la joie, une fête du 'non'", a-t-il prédit.

Alors que les partisans du "non" espèrent fêter leur victoire dimanche soir à La Bastille à Paris, le socialiste Jean-Luc Mélenchon a évoqué la Révolution française pour rejeter cette "Constitution antidémocratique et antisociale". "Parce que 1789, nous pensions l'avoir fait, mais s'il faut recommencer pour l'Europe, nous voilà disponibles", a-t-il ironisé.

Même enthousiasme pour le "'non' populaire", "'non' d'avenir", chez la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet qui a demandé aux partisans de continuer à mobiliser "ce soir dans les cités, demain sur les marchés": "jusqu'à dimanche, tout le monde sur le pont", a-t-elle exhorté. "Ne nous laissons pas voler cette victoire; allons-y tous ensemble."

Dans la foule, de nombreux syndicalistes étaient reconnaissables par leurs bannières vertes (Sud Rail), jaunes (Confédération paysanne) et rouges (CGT), tandis que des partisans du "non" brandissaient des pancartes "Non à la constitution européenne et à Chirac-Raffarin-Seillière" ou encore "Un non syndical à cette Constitution libéral".

Outre leurs soutiens au "non", les responsables politiques ont également profité de leur dernière apparition commune avant le scrutin de dimanche pour appeler à l'union des gauches au lendemain du référendum.

"Je forme le voeu que nous ayons demain une nouvelle union de toutes les gauches sans exclusive", a ainsi souhaité Jean-Luc Mélenchon, tandis que Marie-George Buffet appelait à un élan comparable au Front populaire en 1936.

Le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, s'est pour sa part félicité que la campagne se termine "de façon unitaire et sans sectarisme". "On voit mal à quelques heures du référendum qu'est-ce qui pourrait atteindre cette dynamique unitaire", a-t-il estimé. "Il n'y a rien qui pourra mettre à mal notre motivation unitaire, pour continuer jusqu'au 29 (mai), pour continuer après le 29."

"Le 29, on vote 'non' et le lendemain on prépare la riposte sociale dont on a besoin dans toute l'Europe", a-t-il conclu.

En ces dernières heures de campagne, Henri Emmanuelli , Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet et José Bové ont ensuite retrouvé d'autres partisans du "non de gauche" pour un ultime meeting à Paris, aux côtés des socialistes Claude Bartolone et Marc Dolez, de la députée verte Martine Billard et de l'ex-président du SPD allemand Oskar Lafontaine.

 

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