PS - Fabius

PARIS, 13 mai 2005 (AFP) - L'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius, partisan du non à la Constitution européenne, trace les grandes lignes de la renégociation du traité constitutionnel européen qu'il souhaite, en cas de victoire du non lors du référendum du 29 mai.
Dans un entretien à paraître dans l'Humanité à paraître mardi, M. Fabius se dit convaincu d'une alternative en cas de rejet de la Constitution proposée: "La déclaration 30, annexée au Traité constitutionnel, prévoit que si, en novembre 2006, des pays ont refusé le traité, les chefs d'Etat se réunissent et réexaminent la situation. En langage courant, cela veut dire qu'il y aura une nouvelle discussion".
Selon lui "avec un vote clair des Français en faveur du non de changement, la France sera en position solide".
M. Fabius détaille ensuite "trois points essentiels": "écarter la partie III sur les politiques concrètes, qui n'a rien à faire dans une Constitution ; rendre le texte révisable; lever les restrictions permettant les coopérations renforcées, c'est-à-dire permettre aux pays qui veulent aller plus loin et plus vite ensemble, comme la France et l'Allemagne, de pouvoir le faire".
"Ainsi revue, la Constitution ne sera pas parfaite, mais au moins ne sera-t-elle pas verrouillée. Ce sera un pas vers l'Europe sociale que nous souhaitons", ajoute-t-il.
"La France ne peut pas à elle seule imposer son point de vue. Mais elle ne doit pas pour autant renoncer à ses exigences", estime M. Fabius.
Il se défend en outre des accusations, portées par les partisans du oui socialistes, "d'attiser les peurs" ou de "considérer les pays étrangers comme nos ennemis" sur le plan social.
"Quand on est de gauche et pro-européen, on est internationaliste: on veut une Union qui rapproche les peuples et les modèles sociaux", affirme-t-il.
Selon lui l'Europe doit prévoir "une fiscalité minimale, par exemple pour l'impôt sur les sociétés, et un objectif de progression sociale vers le haut".
"Pour l'UMP et le Medef, l'Europe libérale passe par le oui. Ils veulent se servir de l'Europe libérale pour obliger à des orientations régressives en France. Le choix est clairement entre l'Europe sociale et l'Europe libérale", conclut-il.
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PARIS (AP) -- Dans la perspective d'une "nouvelle discussion" des dirigeants européens suite à un rejet du traité constitutionnel par plusieurs pays membres, "il est très important que le 'non' de la France soit un 'non' pro-européen et social", estime Laurent Fabius dans le quotidien "L'Humanité" de mardi.
"Avec un vote clair des Français en faveur d'un 'non' de changement, la France sera en position solide", ajoute l'ancien Premier ministre socialiste, qui voit un "magnifique espoir" dans le rassemblement d'une "large partie du peuple de gauche" sur le "non".
Pour lui, la "renégociation devra porter sur trois points essentiels". Il est nécessaire selon lui d'"écarter la partie III sur les politiques concrètes, qui n'a rien à faire dans une Constitution ", de "rendre le texte révisable" et de "lever les restrictions permettant aux pays qui veulent aller plus loin et plus vite ensemble, comme la France et l'Allemagne, de pouvoir le faire".
"Ainsi revue, la Constitution ne sera pas parfaite, mais au moins ne sera-t-elle pas verrouillée. Ce sera un pas vers l'Europe sociale que nous souhaitons", juge Laurent Fabius, qui se refuse à entrer dans une polémique avec les responsables de gauche, partisans du "oui" au référendum du 29 mai.
Estimant que la Constitution ôtera à la France et à l'UE les moyens de lutter contre les délocalisations, appelant l'Europe à concevoir un nouveau modèle de régulation sociale d'une "façon généreuse et solidaire", l'ancien chef du gouvernement dit avoir tiré des enseignements de la défaite de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002, notamment en pronant une "opposition frontale" à la droite.
De même, il dit observer qu'"une large partie du peuple de gauche se rassemble aujourd'hui sur le 'non'. Ce n'est pas un hasard et c'est un magnifique espoir", souligne Laurent Fabius. "Le rassemblement à gauche reste pour moi une nécessité absolue".
Et de conclure: "Pour l'UMP et le Medef, l'Europe libérale passe par le 'oui'. Et ils veulent se servir de l'Europe libérale pour obliger à des orientations régressives en France. Le choix est clairement entre l'Europe sociale et l'Europe libérale. Pour préparer l'alternance de demain, il faut commencer par voter 'non' aujourd'hui".