sondages référendum
Par Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
PARIS, 16 mai 2005 (AFP) - A treize jours du référendum sur la Constitution européenne, le non est repassé en tête, avec 51% des intentions de vote des Français, selon deux sondages réalisés par les instituts CSA et Ipsos en pleine controverse sur le lundi de Pentecôte travaillé et rendus publics lundi.
C'est la troisième fois consécutive depuis samedi que le non est donné victorieux. Un sondage Ifop pour Wanadoo publié samedi donnait le non à 54% des intentions de vote (+4).
L'institut de sondage Ipsos relève une nouvelle "inversion de tendance" alors que le oui avait semblé reprendre un petit avantage depuis la fin avril après une longue série -amorcée à la mi-mars- d'enquêtes donnant le non gagnant.
"L'incertitude sur l'issue de la consultation reste forte. Le rapport de force entre le oui et le non est extrêmement serré", a déclaré à l'AFP Bruno Jeanbart, directeur adjoint du département Opinion de CSA.
Un sondage CSA France 3/France Info/Le Parisien, réalisé les 14 et 16 mai et publié lundi donne 51% (+2) des intentions de vote au non, le oui perdant deux points à 49% par rapport à la précédente enquête des 7 et 9 mai.
Le non obtient également 51% dans un sondage Ipsos/Le Figaro/Europe 1, réalisé les 13 et 14 mai et publié lui aussi lundi. Il progresse de 1 point par rapport à une enquête réalisée les 6 et 7 mai et de 4 points par rapport à celle des 29 et 30 avril.
Le oui baisse aussi bien à gauche qu'à droite, souligne Ipsos. Au sein de la gauche parlementaire, il perd deux points par rapport à la précédente enquête à 41% et au sein de la droite parlementaire, il perd quatre points à 72%.
Chez les sympathisants socialistes, le oui est en perte de vitesse (-2) et se retrouve à égalité avec le non (50-50%). Chez les sympathisants UMP, le oui perd cinq points à 72%, selon Ipsos.
"Petit effet conjoncturel"
La controverse sur le Lundi de Pentecôte travaillé "peut avoir eu un petit effet conjoncturel" mais dans ce cas, cela ne devrait pas durer, a estimé Bruno Jeanbart.
Pour sa part l'institut Ifop a expliqué samedi la baisse du oui par le retour marqué de Laurent Fabius, partisan du non, sur le devant de la scène mais aussi par le mécontentement social autour du lundi de Pentecôte travaillé.
Selon le sondage Ipsos, 66% des personnes interrogées déclarent que leur choix est définitif (stable), 12% affirment pouvoir encore changer d'avis et 22% ne se prononcent pas.
L'enquête CSA fait apparaître un taux d'abtentions, vote blanc ou nul de 37% contre 40% lors du précédent sondage.
Selon Ipsos, 44% des Français souhaitent la victoire du non (+2) et 39% (-2) celle du oui. Mais ils sont encore une nette majorité (48%) à pronostiquer une victoire du oui, contre 27% celle du non. Interrogées sur les conséquences du référendum, 45% des personnes interrogées disent redouter la victoire du oui, et 35% celle du non. Elles sont 48% à penser que le oui incarne le plus le changement, contre 35% pour le non.
Soixante deux pour des personnes interrogées pensent que la France obtiendra une renégociation du projet de Constitution européenne en cas de victoire du non, alors que 30% sont d'un avis inverse, selon Ipsos.