Danielle Mitterrand
PARIS, 13 mai 2005 (AFP) - Opposants à la Constitution européenne et défenseurs de l'eau dans le monde se sont retrouvés à la même table, vendredi à l'Assemblée nationale, pour une conférence de presse autour de Danielle Mitterrand, présidente de la fondation France Libertés.
Sur le thème "L'eau pour la vie, pas pour les profits", cette conférence de presse avait été organisée par plusieurs associations de défense des droits de l'Homme et de l'environnement pour manifester leurs désaccords à l'occasion d'une assemblée générale des actionnaires de Suez, multinationale de l'eau visée par les intervenants ainsi que Veolia.
Danielle Mitterrand, qui s'est prononcé pour le non au référendum du 29 mai, avait invité notamment les socialistes Laurent Fabius, Henri Emmanuelli et Christian Paul, tous avocats du non à la Constitution européenne.
Après avoir rappelé que sa fondation "relaie, depuis des années, les témoignages venus du monde entier sur la difficulté à vivre les assauts de la privatisation" de l'eau, la veuve de l'ancien président François Mitterrand a affirmé qu'il y avait "urgence à agir". Elle a plaidé pour que "l'eau soit gérée par les pouvoirs publics".
Henri Emmanuelli, député et président du conseil général des Landes, a relevé "les dégâts lorsqu'on veut privatiser sous prétexte d'aider : on voit alors où sont les profits".
"La lutte est difficile, car la corruption est subtile", a-t-il ajouté en jugeant qu'il y a "beaucoup de progrès à faire", tant au niveau européen que mondial.
Député PS de la Nièvre, Christian Paul s'est dit "solidaire de ce combat politique". Reprenant l'une des phrases les plus contestées du texte de la Constitution , il a déclaré : "la concurrence libre et non faussée produit surtout des surfacturations de l'eau pour les collectivités et les consommateurs".
Laurent Fabius, numéro 2 du PS, dont la participation avait été annoncée par ses collaborateurs, n'aura finalement fait qu'une très brève apparition. Venu "par amitié" pour Danielle Mitterrand, il n'a pas pris la parole, en expliquant qu'il devait "aller enregistrer" une émission de télévision.
Des messages de soutien avaient été envoyés par le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon, le PCF et la Ligue communiste révolutionnaire, tous tenants du non.