Pays-Bas

Publié le par France Républicaine

Par Frédéric BICHON

LA HAYE, 13 mai 2005 (AFP)) - Le "oui" au référendum consultatif sur la Constitution européenne organisé le 1er juin aux Pays-Bas est virtuellement à égalité avec le "non" en ayant perdu plus de 20 points en un mois, et le gouvernement néerlandais, jusqu'à présent discret, a admis vendredi que cela "se corsait".

Selon une enquête d'opinion réalisée pour le compte du gouvernement, et rendue publique vendredi, 39% des Néerlandais s'apprêtent à voter "oui" le 1er juin et 40% à voter "non", contre respectivement 51% et 30% il y a un mois. Compte tenu de la marge d'erreur, les deux camps seraient donc aujourd'hui a égalité.

Plus de 80% des Néerlandais sont "sûrs ou quasi certains" de participer au scrutin. Ce référendum est uniquement consultatif mais que les grands partis ont assuré vouloir le prendre en compte si la participation dépassait 30%.

Le sondage publié vendredi, réalisé sur quelque 800 personnes, confirme des enquêtes réalisées récemment pour des médias, qui prédisent une courte victoire du "non".

"Cela se corse", a reconnu le vice-Premier ministre et ministre des Finances Gerrit Zalm en milieu de journée, rendant compte de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres.

"La seule chose que l'on puisse faire est d'expliquer de quoi il en retourne", a-t-il dit. Selon les sondeurs, les citoyens qui se disent les mieux informés sont majoritairement en faveur du traité constitutionnel.

Plus de 50% des personnes interrogées estiment ne pas disposer d'assez d'information, contre 69% en avril.

"C'est effectivement une chute assez importante du +oui+", a commenté pour l'AFP Stella Ronner, porte-parole pour les affaires européennes du ministre des Affaires étrangères Ben Bot. Mme Ronner a précisé n'avoir aucune explication sur cet effondrement du "oui".

De fait, les quelques articles de presse consacrés à ce référendum, le premier à l'échelle nationale dans l'histoire du royaume, évoquent des pistes comme la crainte de la Turquie ou un malaise général dans un pays de 16 millions d'habitants très petit dans l'Europe des 25. Mais aucune enquête sur les raisons d'un choix, quel qu'il soit, n'a été rendue publique.

Le plus vocal des opposants, le député d'extrême droite Geert Wilders, brandit l'épouvantail turc, mais, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le référendum, sa popularité est au plus bas.

Reste que le sujet ne semble agiter ni la population ni les militants de l'un ou l'autre camp, dans un pays qui ne connaît généralement que des campagnes électorales extrêmement courtes et peu passionnelles.

M. Zalm a indiqué vendredi que de nouvelles brochures sur le traité allaient être distribués la semaine prochaine, et que des spots d'information commenceraient à être diffusés à la radio et à la télévision. Fin avril, il avait jugé inutile de rejoindre le Premier ministre Jan Peter Balkenende qui distribuait des tracts d'information dans les rues de La Haye.

Dans une de ses rares interventions sur le traité, M. Balkenende a estimé mardi dans une interview sur une radio privée qu'un "non" des Néerlandais au référendum du 1er juin sur le traité constitutionnel européen nuirait à "la réputation internationale des Pays-Bas".

Dimanche, il avait profité des cérémonie commémorant la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, avec le président américain George W. Bush, pour lancer un appel en faveur du "oui", affirmant que l'UE "nous a apporter 60 ans de paix, de progrès et de sécurité".

 

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