PS - Bartolone

PARIS, 11 mai 2005 (AFP) - Le député fabiusien de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone a estimé mercredi que la direction du PS commettait la même erreur à propos des délocalisations qu'auparavant en sous-estimant l'insécurité, ce qui avait fait "tomber la population laborieuse dans les extrêmes".
M. Bartolone, homme de confiance de Laurent Fabius, répondait à ceux qui, comme le maire de Lille Martine Aubry, reprochent au numéro 2 du parti d'"attiser les peurs et les craintes" sur les délocalisations en Europe de l'Est.
"J'ai la même impression que sur la question de l'insécurité il y a quelques années. Les belles âmes et ceux qui vivaient loin des classes populaires nous donnaient des leçons de morale, en disant que ces problèmes n'existaient pas et que l'important, c'était la prévention", a dit le député, interrogé par l'AFP.
Mais, a-t-il fait valoir, "un beau jour, la population laborieuse est tombée dans les extrêmes, parce qu'elle avait le sentiment qu'il n'y avait pas d'écoute de la part des responsables politiques. Et on a mis des années à retrouver une crédibilité sur ce sujet majeur".
M. Bartolone a indiqué que "les salariés ont le sentiment d'être joués les uns contre les autres". "Il y a une inquiétude devant une construction européenne sans préoccupation pour l'emploi", et les reproches faits à Fabius le sont "faute d'arguments (de la direction du PS) pour s'adresser aux salariés" sur cette question.
Selon le député, les tenants du non de gauche veulent "une Europe qui puisse accueillir les peuples des pays entrants comme les peuples d'Espagne et du Portugal en 1986".
Mais compte-tenu de l'écart des salaires, bien plus important avec les pays de l'Est qu'avec l'Europe du sud de l'époque, "il faut un effort massif". "Or, a-t-il expliqué, on nous propose de les accueillir avec un budget moins important, et dans le cadre d'une Constitution qui interdit le recours à l'emprunt pour financer" le développement de ces pays.