PS - Fabius

PARIS, 4 mai 2005 (AFP) - Le socialiste Laurent Fabius, partisan du non à la Constitution européenne, a affirmé mercredi que Jacques Chirac, "le chef du oui" dans la campagne sur la Constitution européenne, "mentait avec un aplomb incroyable".
L'ancien Premier ministre socialiste a dénoncé sur Europe 1 un référendum devenu "propagandum" et indiqué avoir tiré "deux confirmations" de l'intervention télévisée de Jacques Chirac, mardi soir sur France 2.
"M. Chirac, c'est le chef du oui, c'est clair. C'est lui qui a négocié cette Constitution , c'est lui qui l'a signée. Il la trouve excellente de bout en bout et il veut l'appliquer", a-t-il commenté, ajoutant que désormais "dans cette campagne, quand on parlera de Jacques Chirac, on devra dire le chef du oui".
"Deuxième confirmation: Jacques Chirac est quelqu'un qui ment avec un aplomb incroyable", selon Laurent Fabius. Le numéro 2 du PS a cité, parmi "la série de mensonges", l'argumentation du chef de l'Etat sur l'harmonisation sociale. Or, a-t-il affirmé, avec la Constitution , "il n'y a pas d'harmonisation sociale, c'est au contraire la compétition sociale vers le bas".
Laurent Fabius a accusé le président de la République d'avoir "menti" également sur la directive Bolkestein sur la libéralisation des services, et sur les délocalisations.
En outre, l'ancien Premier ministre a reproché à Jacques Chirac d'affirmer qu'on ne peut pas se dire européen et voter non le 29 mai. "Des dizaines de millions de Français ont dû être choqués par cette formule (...) C'est disqualifier et diaboliser ceux qui ne pensent pas comme vous", a-t-il dit, en regrettant "une phrase faite pour choquer et qui n'a pas dû convaincre".
Selon M. Fabius, "si cette Constitution est adoptée, nous aurons une Europe diluée, une France diminuée et une gauche entravée durablement".
Répondant aux tenants du oui socialistes qui font de la victoire du oui un atout pour la gauche en 2007, M. Fabius a observé que "la majorité des ouvriers, la majorité des employés, la majorité des couches moyennes sont pour le non, parce qu'ils sont précisément européens et sociaux". "Si (la gauche) espère gagner dans le futur sans ces couches sociales, on se fait beaucoup d'illusions".
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PARIS, 4 mai 2005 (AP) - L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a accusé mercredi Jacques Chirac de "mentir avec aplomb" notamment sur trois sujets concernant la Constitution européenne et a prévenu du risque d'"une Europe diluée".
"Ce n'est pas un référendum, c'est un propagandum maintenant", a ironisé Laurent Fabius sur Europe-1 au lendemain de l'intervention télévisée du président de la République.
"Ce qui m'a frappé, ce sont deux confirmations dans ce qu'a dit Jacques Chirac: la première c'est que Jacques Chirac est le chef du 'oui'. C'est clair", a-t-il noté. "C'est lui qui a négocié cette Constitution , c'est lui qui l'a signée. Il la trouve excellente de bout en bout et il veut l'appliquer".
Pour le député socialiste de Seine-Maritime, "dans cette campagne, quand on parlera de Jacques Chirac, on devra dire le chef du 'oui'".
"Deuxième confirmation, cela tombe bien puisque c'est l'anniversaire de ses 10 ans de mandat et qu'il nous a habitué à ça, c'est quelqu'un qui ment avec un aplomb incroyable", a assuré ce farouche opposant à la Constitution . "Je le démontre avec trois exemples".
Citant l'harmonisation sociale, "c'est le contraire même de ce que nous a raconté Jacques Chirac: il n'y a pas d'harmonisation, c'est au contraire la compétition sociale vers le bas", a-t-il dit.
Quant à la directive Bolkestein, "quand on dit que (l'opposition à la directive) a précédé la campagne référendaire, c'est faux et lorsqu'on dit quelle est enterrée, c'est doublement faux", a martelé Laurent Fabius.
Enfin, "le troisième mensonge de Jacques Chirac" concerne les délocalisations "mineures" parce qu'"on va aller vers délocalisations massives", a observé le député socialiste. "On en a tous les jours".
"Avec cette constitution , on risque d'avoir une Europe diluée, une France minorée et une gauche entravée durablement", a conclu Laurent Fabius.