Bruxelles au secours du OUI

Publié le par France Républicaine

par Constant Brand

BRUXELLES, 18 mars 2005 (AP) - La Commission européenne s'est dite prête vendredi à aider le gouvernement français à faire campagne pour le "oui" en vue du référendum sur la Constitution européenne organisé le 29 mai, alors que le "non" gagne du terrain dans le pays.

L'exécutif européen a mis de côté une enveloppe de 1,5 million d'euros pour promouvoir la Constitution en France et devrait faire appel à des ténors de l'UE , comme la vice-présidente de la Commission Margot Wallstrom, pour plaider la cause du texte.

"Il reste plusieurs semaines pour expliquer aux citoyens français ce qui est en jeu", a souligné Françoise Le Bail, porte-parole de l'UE . "Lorsque son aide sera sollicitée, la Commission apportera bien sûr toutes les réponses aux questions que les citoyens français se posent."

Mme Wallstrom, en charge des Relations institutionnelles et de la Stratégie de communication, pourrait participer à des débats en France. La Commission a également décidé de mettre en place un numéro de téléphone destiné aux électeurs et de distribuer des informations sur la Constitution aux étudiants français.

Cette mobilisation intervient alors que le "non" est donné pour la première fois vainqueur en France, avec 51% contre 49% pour le "oui", selon un sondage CSA.

En déplacement à Varsovie, le président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, a déclaré ne pas avoir connaissance de sondages montrant un affaiblissement du "oui" en France, mais a jugé "essentiel" que ce membre fondateur de l'Union soutienne la Constitution .

"J'espère bien sûr que la France, un membre fondateur, un pays au coeur de l'Europe, montrera son attachement à l'idée européenne. Parce que nous avons besoin d'une France en première ligne de la construction européenne."

M. Barroso a également évoqué la directive Bolkestein sur la libéralisation des services, qui suscite une très vive opposition en France et pourrait bien doper le camp du "non". Le président de la Commission, qui soutient ce texte controversé, a affirmé qu'il s'agissait d'une question sans aucun lien avec la Constitution .

Plusieurs pays, notamment la Grande-Bretagne, ont déjà demandé à la Commission de rester à l'écart de leur campagne référendaire pour ne pas renforcer les chances du "non" de l'emporter. Des électeurs pourraient en effet s'offusquer que l'argent de l'UE soit ainsi dépensé pour les inciter à voter "oui".

"Nous fournissons des copies de la Constitution , nous dépêchons des gens dont le travail consiste à donner (...) un niveau correct d'information, mais nous ne nous impliquons pas systématiquement dans une campagne référendaire", précise Mme Le Bail.

Selon des responsables de l'UE , les résultats d'un sondage Eurobaromètre publié vendredi montrent l'importance d'informer les électeurs avant de les consulter sur le traité, qui doit être approuvé par les "25" pour entrer en vigueur. Cette enquête conclut que la faible participation au référendum espagnol le mois dernier serait due principalement à une méconnaissance du texte.

Si les Espagnols ont approuvé la Constitution à 76,7%, seulement 42% des inscrits ont voté le 20 février. Et, selon un sondage mené auprès de 2.014 personnes, 30% de ceux qui ont boudé les urnes ont estimé ne pas avoir eu assez d'informations pour se forger une opinion.

 

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