réunion publique

PARIS, 17 mars 2005 (AFP) - Le meeting de la gauche pour le non à la Constitution européenne, à l'appel du PCF, a rassemblé quelque 1.500 personnes jeudi soir au gymnase Japy à Paris, autour de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF et de Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS.
L'arrivée de M. Mélenchon, qui s'affiche pour la première fois sur une tribune pour le non de gauche en contradiction avec la ligne de son parti, a été particulièrement suivie par les nombreux médias se bousculant pour l'interroger sur sa présence à ce meeting.
L'arrivée de Marie-George Buffet a été saluée par les applaudissements de militants communistes. Outre ces deux personnalités, se trouvaient réunis notamment sur l'estrade Christian Picquet de la LCR, Jean-Yves Autexier du MRC, Claire Villiers pour Alternative Citoyenne.
"La gauche est bousculée par ce débat sur la constitution ", a reconnu Mme Buffet en souhaitant que "le temps soit venu d'un nouveau souffle pour le débat populaire et citoyen dont la gauche a besoin".
Ce meeting "marque le lancement de la campagne officielle du non de gauche", a affirmé M. Mélenchon en se félicitant que "le non rassemble la gauche, dans sa diversité" alors que "le oui ne le peut pas". Mais "ne nous trompons pas de cible", a-t-il demandé, "ne nous égarons pas dans des polémiques dévastatrices à gauche".
Cela ne l'a pas empêché de dire: "on peut se fâcher pour 70 jours (jusqu'à la date du référendum, ndlr) avec ses meilleurs amis sur un sujet qui nous engage pour 50 ans (la Constitution européenne, ndlr)", alors qu'il est passible de sanctions pour sa présence sur cette tribune en bravant les consignes de son parti.
"Ce texte, qui n'est pas une constitution , constitutionnalise une seule chose, le marché", a dénoncé de son côté Francine Bavay qui a précisé qu'elle s'exprimait en son nom propre et pas en celui des Verts, son parti, qui s'est prononcé pour le oui.
La salle a explosé sous les applaudissements lorsqu'a été annoncé le résultat d'un sondage CSA à paraître vendredi dans Le Parisien et qui donne la victoire au non (51% contre 49% au oui) au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne.
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par Nathalie Schuck
PARIS, 17 mars 2005 (AP) - Bravant les consignes de leurs partis respectifs, le socialiste Jean-Luc Mélenchon et l'écologiste Francine Bavay ont rejoint jeudi soir la communiste Marie-George Buffet sur la tribune du gymnase Japy à Paris pour donner le coup d'envoi de la campagne du "non de gauche". Coïncidence: un sondage CSA rendu public jeudi donne pour la première fois le "oui" perdant au référendum.
Zen, Jean-Luc Mélenchon. Alors que la direction du PS menace de le suspendre du bureau national du parti mardi prochain suite à ce meeting, le sénateur de l'Essonne a prévenu qu'il "continue(ra) à faire campagne" pour le "non". "Je ne crois pas que le PS se ridiculise à traiter des problèmes politiques avec des sanctions", a-t-il tempéré, "on peut se fâcher pour 70 jours avec ses meilleurs amis quand on vous demande de prendre une décision qui vous engage pour 50 ans".
Et de lancer cette pique au Premier secrétaire François Hollande, qui pose cette semaine dans "Paris-Match" avec le président de l'UMP Nicolas Sarkozy: "Je suis chez moi. La photo qui va être faite, elle va être moins extravagante que d'autres".
"Face à une situation aussi importante pour l'Europe et pour les Verts, nous n'avons pas le droit de nous taire", a renchéri la conseillère régionale Verte d'Ile-de-France, Francine Bavay, arrivée en retard après avoir été retenue dans un commissariat dans le cadre du procès des faucheurs d'OGM. "Nous sommes obligés de recourir à la désobéissance civique pour nous faire entendre", a-t-elle déploré, "je l'applique en quelque sorte aujourd'hui face à mon parti". Partisans du "oui", les Verts ont interdit à leurs membres de tenir des meetings. Leur porte-parole Sergio Coronado était également dans la salle.
S'affranchissant de la ligne officielle du PS, qui s'évertue non sans mal à déconnecter le référendum de la grogne sociale contre le gouvernement, le sénateur Mélenchon a pris un malin plaisir à lier les deux sujets. "Ce traité, c'est Chirac qui l'a négocié. C'est lui qui l'a signé avec Barnier et Raffarin. C'est à lui, c'est à eux que nous disons non. Non à Chirac. Non à Raffarin. Non à leur Constitution . Non à leur politique". "C'est un seul et même non!"
Un message relayé avec force par la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet. "Le non est aussi porté par la colère et le refus de la politique Raffarin. On nous explique que cela n'a rien à voir. Personne n'est dupe des objectifs communs au gouvernement français et à la construction européenne", a-t-elle dénoncé, sous les applaudissements de quelque 1.500 participants chauffés à blanc. "C'est comme si on nous demandait de mettre la politique Raffarin dans la Constitution européenne!" C'est un "texte totalitaire", a renchéri la conseillère régionale d'Ile-de-France Claire Villiers.
Heureux hasard pour le "non de gauche", un sondage CSA rendu public jeudi donne pour la première fois le "non" en tête avec 51%. "Je sens un certain parfum de victoire", s'est félicitée la patronne du PCF, invitant la salle à prendre "trente secondes de plaisir" en imaginant la défaite du "oui" le 29 mai: "Vous regardez le 20 heures et à ce moment-là vous découvrez la tête de Seillière, de Raffarin et de Sarkozy"...