référendum - sondage CSA 51%
PARIS, 17 mars 2005 (AFP) - Le non au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne l'emporterait en France avec 51% des voix contre 49% au oui, selon un sondage CSA-Le Parisien-Aujourd'hui en France à paraître vendredi, le premier à donner une majorité hostile au traité.
Cette enquête d'opinion marque un taux très important de personnes disant vouloir s'abstenir, voter blanc ou nul : 53%.
Le sondage intervient après une série d'autres marquant une érosion du oui à cette consultation, qui restait cependant assez nettement majoritaire.
Ainsi le 12 mars, une enquête BVA le donnait, à 56%, en baisse de deux points par rapport à février.
Deux jours plus tôt, le oui avait cependant été évalué à 60% des voix contre 40% de non pour IPSOS.
Le 5 mars, les personnes interrogées par IFOP étaient, à 58% de oui, 3% de moins que début février à vouloir approuver le traité constitutionnel européen.
Le mouvement de décrue a été pratiquement continu depuis le début de l'année, avec seulement une certaine stabilisation en février.
L'accélération de la baisse s'est faite sur fond de manifestations sociales et lycéennes importantes en France.
Le sondage CSA a été réalisé les 16 et 17 mars, par téléphone, auprès d'un échantillon de 802 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas, stratification par région et taille d'agglomération).
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PARIS, 17 mars 2005 (AP) - Coup de tonnerre dans la campagne référendaire. Pour la première fois, le "non" au projet de Constitution européenne dépasse le "oui" dans un sondage: le "non" est crédité de 51% des intentions de vote dans une enquête CSA pour "Le Parisien-Aujourd'hui en France", à paraïtre vendredi.
Le "oui" recueille pour sa part 49% des intentions de vote lorsqu'on demande aux sondés comment ils voteraient si le référendum avaient lieu dimanche prochain. Par ailleurs, une part très importante des personnes interrogées (53%) dit vouloir s'abstenir, voter blanc ou nul lors de cette consultation.
Ce sondage a été réalisé les 16 et 17 mars 2005 auprès d'un échantillon représentatif de 802 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales, constitué selon la méthode des quotas.
Dans le dernier sondage publié deux jours plus tôt par la TNS-Sofres pour LCI, RTL et "Le Monde", les Français se prononçaient pour le "oui" à 56%, le "non" récoltant 44%. Soixante-quatre pour cent des personnes interrogées s'y disaient par ailleurs déjà sûres de leur choix, deux mois et demi avant la date de la consultation, le 29 mai.
Cette chute brutale du "oui" dans les intentions de vote peut s'expliquer par les mouvements sociaux de ces dernières semaines et la polémique sur la directive Bolkestein sur la libéralisation des services en Europe, qui trouble profondément les sympathisants de gauche. Les divisions du PS, où les partisans du "non" n'hésitent plus à se faire entendre malgré les menaces de sanction de la direction, a aussi contribué à faire monter le "non".
Malgré son caractère inquiétant pour le "oui", le sondage CSA n'a pas surpris Nicolas Sarkozy. "J'ai toujours pensé à un scénario à la Maastricht", a déclaré le président de l'UMP à Strasbourg, où il tenait son premier meeting de le campagne. Il a cependant jugé "folle" l'idée que le non "l'ait déjà emporté".
"Je n'étais pas confiant à 60-40 (pour le "oui", NDLR). Ce sera difficile, mais il faut faire campagne", a souligné M. Sarkozy, qui a marqué sa volonté de "convaincre les Français un par un que le choix de l'Europe est un choix historique".
Signe d'une certaine préoccupation, le président de l'UMP n'a pas dit un mot à Strasbourg sur son rejet de la candidature turque à l'UE , avec lequel il se taille pourtant à chaque fois un joli succès devant les militants. Dès avant la publication du sondage, François Hollande invitait pour sa part Jacques Chirac à monter au créneau pour défendre la Constitution européenne. "Dès lors qu'il est lui-même le négociateur et le signataire du texte, il a à le présenter et à le défendre devant les Français", a affirmé le Premier secrétaire du PS, invité de LCI.
Les partisans du "non", en campagne depuis plusieurs mois contre le traité constitutionnel, baignent en revanche dans une douce euphorie. "Je sens un certain parfum de victoire", a même lancé la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet lors d'un meeting à Paris.
Pour l'ancien Premier ministre et numéro deux du PS Laurent Fabius, un des partisans du "non" à gauche, interrogé sur France-2, "ce qui me paraït évident, c'est que les Français de plus en plus comprennent ce qu'il y a dans la Constitution ". Il reste deux mois et demi aux partisans du "oui" pour inverser la tendance.