RPF - Pasqua

PARIS, 17 mars 2005 (AFP) - Le président du Rassemblement pour la France (RPF), Charles Pasqua, a affirmé jeudi que les Français "ont le droit de voter non" au référendum du 29 mai, en présentant à la presse sa campagne pour le non à la Constitution européenne.
"A l'heure actuelle j'ai le sentiment que les choses sont biseautées", a déclaré M. Pasqua, entouré de l'ancien député européen William Abitbol et d'Isabelle Caullery, présidente de Nation et Progrès, association souverainiste associée à l'UMP.
"Tout est fait pour expliquer aux Français qu'ils ont le droit seulement de voter oui", a-t-il ajouté. "Notre argument consistera à dire: vous avez le droit de voter non".
"Je n'ai rien perdu de mon dynamisme, je compte bien me faire entendre", a indiqué le sénateur des Hauts-de-Seine, 77 ans, qui a subi début février une intervention chirurgicale.
"Nous avons perdu notre propre capacité à décider dans le domaine de la sécurité, de la justice, de l'immigration, demain ce sera dans celui de la défense, de la politique étrangère", a affirmé M. Pasqua.
En outre, "il est clair que passé le référendum du 29 mai, la directive Bolkestein s'appliquera, comme d'autres", car "ce qui est en marche est la libéralisation à outrance", a-t-il ajouté.
M. Pasqua entamera sa campagne par une réunion au Sénat, le 2 avril. Suivront des réunions en province et des déjeuners-débat, où "chacun paiera sa part" car le RPF "n'a pas de budget".
Commentant le financement public pour les partis habilités, annoncé le même jour en Conseil des ministres et dont le RPF ne fait pas partie, M. Pasqua a dénoncé "un déni de justice de plus".
Interrogé sur le rôle de Philippe de Villiers, qui se présente comme le leader du non dans la campagne référendaire, le président de RPF a estimé que si c'est le cas, "alors le non va se rétrécir".
M. Pasqua a par ailleurs estimé que "le président de la République a tort de s'engager à fond dans cette affaire, mais c'est son problème".
"De toutes façons, quel que soit son poids, il faut qu'il se rende compte que les Français se détermineront par eux-mêmes", a-t-il ajouté.
Si le non l'emporte, "il faudra qu'il en tire les conséquences, il faudra une autre équipe, avec le même président pourquoi pas", a-t-il estimé.