PS

Publié le par France Républicaine

Par Véronique BUTTIN

PARIS, 17 mars 2005 (AFP) - La direction du PS, qui fait campagne pour le oui au référendum sur la Constitution européenne, se trouve confrontée à la fronde persistante des militants du non, alors que deux parlementaires socialistes vont participer jeudi à des meetings de la gauche contre le traité.

Le sénateur socialiste de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, fera tréteaux communs à Paris avec Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, Christian Picquet, membre de la direction de la LCR et Jean-Yves Autexier, du MRC. De son côté, le député socialiste du Nord Marc Dolez sera sur la même estrade que Francis Wurtz (PCF), Alain Krivine (LCR) et Jacques Nikonoff (Attac) à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise).

Ces deux parlementaires, tous deux membres du bureau national, sont susceptibles d'encourir des sanctions prévues dans les statuts du PS.

"Nous ne leur demandons pas de changer d'avis", a expliqué jeudi le directeur de la campagne du PS pour le oui, François Rebsamen, interrogé par l'AFP. "Nous respectons leur conscience mais nous voulons maintenant qu'ils respectent le PS". Le référendum interne au PS du 1er décembre a vu la victoire du oui à 59%.

En s'affichant avec des partis de gauche qui militent pour le non, MM. Mélenchon et Dolez pourraient bien franchir la ligne jaune.

Au PS, on veut attendre la tenue effective de ces meetings avant de se prononcer. Mais "si le contrat est rompu", a averti François Rebsamen, alors "la situation sera évoquée au cours du prochain bureau national" mardi, seule instance habilitée à prendre des sanctions.

"gueule de bois"

Pour sa part, le député des Landes Henri Emmanuelli, qui continue de militer pour le non, a indiqué avoir décidé de suspendre sa participation au bureau national, "par correction".

Pour le moment, M. Emmanuelli fait "campagne seul, à l'attention des électeurs socialistes". Mais il "n'exclut pas dans l'avenir des réunions communes avec des partis de l'ex-gauche plurielle", indique son entourage.

Interrogé par l'AFP, M. Mélenchon a justifié sa présence au meeting de jeudi, en commentant simplement : "le non rassemble la gauche, le oui ne le peut pas".

Quant à Marc Dolez, également premier secrétaire fédéral du Nord, il a précisé à l'AFP qu'il ne parlerait pas jeudi soir "au nom du PS, mais au nom des militants socialistes qui s'organisent en collectifs pour le non".

Autre avocat du non et pourtant toujours numéro deux du PS, Laurent Fabius concentre ses attaques sur le gouvernement de droite. Mais il pourrait profiter de son passage sur France 2 jeudi soir pour aborder le thème de l'Europe et des dissensions qu'elle crée dans son parti.

Les militants du Nouveau parti socialiste (NPS), également tenants du non, ont opté pour une autre stratégie, en se voulant "discrets" pour tenir compte des résultats du vote des militants. "Nous travaillons sur le projet pour 2007, rien que le projet", a déclaré Vincent Peillon à l'AFP.

Quant au député Manuel Valls, ancien partisan du non, il s'engage désormais pour le oui au référendum national. "Il y aura un après-référendum que (le PS) doit préparer sous le signe du rassemblement et non pas de +la gueule de bois+", a-t-il averti.

Fervent avocat du traité constitutionnel européen, Dominique Strauss-Kahn, reconnaît que toutes ces dissensions sont "un léger brouillage", mais "qui s'estompera au fur et à mesure du déploiement de la campagne du oui".

 

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