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À lUMP, les partisans du « non » affichent leur détermination
Nicolas Dupont-Aignan, président des clubs « Debout la République », lance une « campagne pour un non gaulliste à la Constitution européenne. »
Nicolas Sarkozy la redit, ce week-end, devant les cadres du parti : le conseil national de lUMP se réunira le 6 mars pour fixer « définitivement » sa ligne sur la Constitution européenne et sur le principe de lélargissement de lUnion européenne à la Turquie. Une décision qui, a priori, semble étrange, étant donné que le conseil national de lUMP a déjà approuvé, le 9 mai 2004, une motion à la fois favorable au projet de Constitution européenne et défavorable à ladhésion de la Turquie. Mais, en décidant dorganiser deux votes distincts, Nicolas Sarkozy veut aboutir là où, précisément, les chiraquiens ne voulaient pas aller : la mise en minorité de Jacques Chirac, rare partisan, à droite, de lintégration de la Turquie.
Contrairement à lannée dernière, la question turque ne sera en effet plus noyée dans une consultation globale sur les affaires européennes et fera donc lobjet dun vote spécifique. Personne nest dupe : pour le nouveau président de lUMP, il sagit dun levier supplémentaire pour détacher le parti du président de la République, avec en ligne de mire la préparation de lélection présidentielle de 2007.
Mais ces annonces constituent également un cadeau empoisonné pour les adversaires, minoritaires au sein de lUMP, de la Constitution européenne. À en croire les promesses de Nicolas Sarkozy, ceux-ci devraient, certes, enfin disposer des moyens de faire valoir leurs arguments : tribune libre dans les publications, organisation des réunions militantes, financement des déplacements Cependant, une fois passé le vote du conseil national, ils se trouveront dans la même situation que leurs homologues du PS. Soit accepter la position majoritaire en se taisant. Soit continuer à faire campagne conformément à leurs convictions, au risque dêtre accusés de ne pas accepter la démocratie interne et de mettre en péril lunité du parti.
Des accusations que les députés UMP partisans du « non » réfutent demblée. « Aucun vote de lUMP ne me liera », prévient ainsi Jacques Myard, président du Cercle Nation et République, qui a dores et déjà annoncé quil défendra à lAssemblée nationale une motion de renvoi contre le projet de révision constitutionnelle. « Si on veut faire de la démocratie, il faut le faire jusquau bout en faisant voter lensemble des militants de lUMP, et non pas seulement ses cadres », tranche, de son côté, Nicolas Dupont-Aignan, affirmant que le vote du 6 mars naura donc « pas de valeur ».
Le président des clubs « Debout la République » lance dailleurs aujourdhui une « campagne pour un non gaulliste à la Constitution européenne », qui se démarquera à la fois du « non » des souverainistes (Philippe de Villiers) et du « non » des républicains de gauche (Jean-Pierre Chevènement). Comme les premiers, Nicolas Dupont-Aignan estime en effet que la question de la Constitution européenne est « étroitement liée à laffaire de la Turquie » ; mais, comme les seconds, il défend un « non républicain ». Avec un leitmotiv : ne pas apparaître comme des antieuropéens. « Cest justement parce que les gaullistes veulent faire lEurope des nations quils sont contre la Constitution européenne », résume le député et maire de Yerres (Essonne), qui a déjà trouvé son slogan de campagne : « Jaime lEurope, je vote non ! ».
Laurent de Boissieu, La Croix, 18/01/2005