sondages référendum
Par Tristan MALLE
PARIS, 24 mai 2005 (AFP) - A cinq jours du scrutin, le non est bien installé dans les sondages et a même repris une progression un temps interrompue dans les premiers jours de mai, notamment parmi les électeurs de gauche où il est nettement majoritaire, y compris chez les sympathisants socialistes.
Trois nouveaux sondages lundi ont confirmé cette tendance à la hausse du non: il est en progrès de deux points pour les instituts Ipsos, CSA et Ifop qui le créditent de 53% des intentions de vote pour les deux premiers, et même de 54% pour le troisième.
Malgré cet écart de 6 à 8 points en faveur du non, la prudence reste de mise chez les sondeurs, qui se gardent de pronostiquer une victoire assurée pour le non dimanche prochain, d'autant que les derniers jours de campagne se révèlent souvent déterminants.
En outre, le nombre d'électeurs toujours indécis ou pouvant encore changer d'avis reste relativement élevé.
Selon Ipsos, 9% des électeurs "peuvent encore changer d'avis" et 20% ne se prononcent pas. Pour l'Ifop, 8% ne se prononcent pas mais 22% peuvent encore changer d'avis. L'institut CSA chiffre pour sa part les indécis à 26%.
Ce sont ces indécis, plus d'ailleurs que les abstentionnistes potentiels, évalués par l'Ifop à 33% - un chiffre qui témoigne d'une assez forte mobilisation de l'électorat - que les leaders du oui comme du non vont tenter de convaincre dans les dernières heures de la campagne.
A double tranchant
Après deux interventions, en avril et début mai, qui n'avaient pas réussi durablement à faire remonter le oui, Jacques Chirac a décidé de s'adresser solennellement aux Français jeudi soir dans une nouvelle allocution télévisée.
Un exercice à double tranchant, alors que la popularité du chef de l'Etat, comme celle de son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, est en chute libre et qu'une grande partie des électeurs favorables au non semble vouloir saisir l'occasion du référendum pour sanctionner le pouvoir et sa politique, notamment dans le domaine économique et social.
En effet, alors que l'électorat de l'UMP et de l'UDF soutient massivement le traité constitutionnel - 73% pour Ipsos, entre 80% et 82% pour CSA, 69% pour l'Ifop - c'est surtout en direction des électeurs de gauche, majoritairement favorables au rejet du texte, que les tenants du oui vont devoir trouver les arguments pour convaincre.
59% des électeurs de gauche s'apprêteraient à voter non le 29 mai, selon l'Ifop, et 60%, selon Ipsos. Parmi eux, entre 52% et 54% de sympathisants socialistes, selon les instituts.
En outre, la structuration des intentions de vote fait toujours apparaître que ce sont dans les couches les plus traditionnellement favorables à la gauche que se recrutent les partisans du non: les jeunes, les actifs, les ouvriers et les employés.
C'est principalement à eux que plusieurs ténors du PS ont décidé de s'adresser, à commencer par l'ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin, ce mardi soir sur TF1. Sa précédente intervention télévisée, le 28 avril, avait été suivie d'une légère et éphémère remontée du oui dans l'électorat socialiste.
François Hollande, en compagnie du Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, et Dominique Strauss-Kahn avec le chancelier allemand Gerhard Schröder, lanceront aussi leurs dernières forces dans la bataille vendredi, lors de meetings à Toulouse et Lille, dans l'espoir d'un ultime renversement de tendance.