MPF - RIF - Coûteaux

Publié le par France Républicaine

communiqué de Paul-Marie Coûteaux, 14/05/2005

 

Jacques Delors, qui a subi en 24 heures un tel déluge de pressions qu'il a tenté de se dédire hier, avait  raison en déclarant au Monde (13 mai) : "le devoir de vérité impose de dire qu'il peut y avoir un plan B". Qu'il l'ait dit est  naturel : d'abord, il sait que le NON est probable et que seul un plan B peut rétablir dans les esprits une idée positive de l'Europe à laquelle il est comme nous attachée; ensuite, ce Plan B se dessine sous nos yeux sur 5 points qui font l'unanimité parmi les principaux porte-parole du NON.

Laurent Fabius, invité jeudi à un dîner auquel j'ai pris part et qui était organisé  par l'Académie du Gaullisme, a défini les lignes principales de ce Plan B qui rejoignent non seulement celles de Jean-Pierre Chevènement mais aussi celles que Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan avaient tracées la veille lors d'une conférence de presse commune. Ces 5 lignes ressortent à l'évidence aux vues des principaux discours comme des  sites internet  favorables au NON. A 5 refus correspondent à chaque fois 5 propositions :

1. Accord pour opposer à l'ultra-libéralisme et au principe de "concurrence ouverte et non faussée" la nécessité d'une grande politique industrielle qui suppose investissements publics et services publics forts.

2. Accord pour opposer à l'encadrement de notre politique étrangère dans l'OTAN une politique indépendante seule capable de faire de l'Europe un contrepoids aux Etats-Unis.

3- Accord pour opposer aux équivoques de l'article 70 autorisant de manifester ses opinions religieuses collectivement et en public le maintien strict de la laïcité et la loi de 1905.

4. Accord pour opposer à l'architecture technocratique fondée sur le couple Commission/Cour européenne de Justice, le couple plus démocratique Conseil/Parlement européen.

5. Accord pour opposer à un texte carcan impossible à réviser dans les faits la nécessité d'un processus fondé sur la consultation des peuples, comme le projet de "Constitution" le prévoit lui-même (déclaration 30) si un membre refuse de la ratifier.

Dans le même entretien au Monde du 13 mai, M. Delors observe que "chaque fois qu'un pays, même petit,  a dit non, il a proposé des aménagements". C'est donc qu'il écarte lui-même l'hypothèse d'une crise irréversible, du moins si tout ou partie des aménagements ci-dessus étaient clairement proposés par la France dans le cadre d'un possible Traité de Paris lui permettant de remettre l'Europe sur ses pieds après les excès de l'Europe libérale à l'anglaise et de l'Europe fédérale à l'allemande dont on nous propose une combinaison absurde.

Par delà les différences d'expressions selon les sensibilités politiques des uns et des autres, il existe bien des points communs au NON, donc un Plan B que la plasticité de M. Chirac peut lui permettre de proposer à nos partenaires dès le sommet du mois de juin.
L'unité se fait d'ailleurs sur le terrain partout en France. C'est ainsi que je participe aujourd'hui même à Poitiers à une réunion intitulée "Rassemblement de tous les NON" organisée à l'initiative d' ATTAC et en présence de José Bové ainsi que d'élus communistes, socialistes et gaullistes.

 

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