Bêtisier du OUI

Publié le par Laurent Pelvey

extrait d'un entretien d'Olivier Duhamel, Tribune de Genève, 11/05/2005

 

Les adversaires du projet européen refusent son inspiration libérale. Son noyau dur, disent-ils, ce n'est pas le droit social, mais le marché....

Bien entendu, c'est le marché. Et depuis 1958. J'ai l'impression de vivre dans un pays en voie de régression bolchevique. Il n'est pas jusqu'au président de la République qui ne tienne un discours du type Arlette ­Laguiller. "Libéral" est devenu un mot pornographique.

Pourtant nous sommes tous - sauf Le Pen et Laguiller - libéraux sur le plan politique. Nous sommes tous - sauf quelques intégristes catholiques, musulmans ou juifs - pour le respect des minorités, libéraux donc sur le plan culturel. Nous sommes tous - sauf quelques archéo-bolcheviques et quelques archéo-colbertistes - partisans de l'économie de marché, donc des libéraux sur le plan économique.

La France, gauche et droite confondues, souffre de n'avoir pas effectué son aggiornamento intellectuel. Dans les faits le changement a eu lieu, mais il n'a pas été pensé. Le pays est ainsi dans un état de grande souffrance mentale. Les vrais débats portent en premier lieu sur l'étendue de la sphère marchande. Ils sont passionnants, mais ils sont en France inexistants. Ils ont trait, d'autre part, aux régulations, aux limites. Quelles contraintes faire peser? Au début de la convention, les ultra-libéraux ne voulaient pas inscrire les droits sociaux dans la charte. Ils avaient à leur tête le représentant de Tony Blair, qui est sur ce point clairement à la droite de Jacques Chirac. Et même de plus en plus, puisque le président français se rapproche maintenant du pôle bolchevique. Jusqu'au 29 mai.

 

Nous sommes tous des bolcheviques !

 

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Publié dans Actualité

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