NON de droite

Publié le par Laurent Pelvey

par Christine Ollivier

PARIS, 11 mai 2005 (AP) - Parce qu'il "y a un 'non' dans la majorité", Philippe de Villiers (MPF) et les députés UMP hostiles à la Constitution européenne ont uni leurs voix mercredi pour "lancer un appel" aux électeurs UMP, à 18 jours d'un scrutin à l'issue toujours hautement incertaine.

Le président du Mouvement pour la France, ainsi que les députés UMP Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Myard ont lancé mercredi "un appel à tous les électeurs de la majorité et à tous les Français qui hésitent".

"Il y a un 'non' de droite qui monte dans le pays", a affirmé Philippe de Villiers lors d'une conférence de presse à Paris. Elus MPF comme UMP, "nous travaillons dans l'harmonie", "chacun labourant son champ".

"Nous sommes beaucoup plus nombreux qu'on ne le dit dans la presse", a assuré M. De Villiers, alors que Jacques Myard a lâché: "Nous sommes la bonne conscience de l'UMP". "Tous les jours, on a des conseillers généraux et des maires UMP qui nous rejoignent", a également affirmé Nicolas Dupont-Aignan.

"Le choix du 29 mai est un choix vital et vous n'aurez pas de sitôt l'occasion de dire 'non' à ce qui se prépare", a-t-il averti. "Ne vous laissez pas impressionner par ceux qui veulent à nouveau vous tromper".

Les partisans du "non" de droite ont en effet dénoncé, comme leurs homologues de gauche la veille, le "matraquage médiatique" du camp du "oui". Vingt-deux parlementaires de gauche ont déposé mardi à ce sujet un recours devant le Conseil d'Etat.

M. Dupont-Aignan s'est "réjoui" de cette initiative. "Tout est permis du côté du 'oui'", s'est-il indigné. "Même les membres du Conseil constitutionnel (...) ne respectent pas les règles qu'ils sont chargés de faire observer", a-t-il noté dans une allusion à Simone Veil, qui s'est mise en congé du Conseil pour faire campagne pour le "oui".

Les parlementaires UMP favorables au "non" comptent d'ailleurs déposer mercredi après-midi une proposition de loi pour réaffirmer l'interdiction faite aux membres du Conseil de prendre parti publiquement.

Quant aux 14.000 panneaux d'affichage financés par les pouvoirs publics, c'est "une campagne tendancieuse, mensongère dont Napoléon III n'aurait pas rougi", a ironisé M. Dupont-Aignan.

M. De Villiers a par ailleurs fermement démenti les informations de "Libération" daté de mercredi selon lesquelles sa campagne serait en partie financée par le United Kingdom Independent Party (UKIP), un parti britannique xénophobe et anti-français, membre du groupe "Indépendance et démocratie", où siège Philippe de Villiers au Parlement européen.

"C'est absolument faux" et "diffamatoire", a-t-il lancé. "Si les médias du "oui" en sont réduits à ce genre de procédés et à diffamer dans la dernière ligne droite, ça en dit long sur la situation".

Simplement, a-t-il expliqué, "Indépendance et démocratie", qui est doté comme chaque groupe parlementaire européen d'un budget d'information et de communication, "a considéré, sous le contrôle du Parlement européen et de la Commission des comptes de campagne qu'il pouvait financer un document de campagne sur la Constitution européenne". Pour le reste, "si vous voulez continuer, à vos risques et périls", a-t-il lancé, agacé, à un journaliste qui le questionnait sur le sujet.

 

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PARIS, 11 mai 2005 (AFP) - Le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers et le député UMP Nicolas Dupont-Aignan ont lancé mercredi, avec plusieurs autres parlementaires de la majorité un appel commun à voter non au référendum sur le traité constitutionnel européen.

"Nous lançons un appel à tous les électeurs de la majorité et à tous les Français qui hésitent", a déclaré M. de Villiers lors de cette conférence de presse commune organisée à la délégation parisienne du Parlement européen. "N'écoutez pas ceux qui vous disent que ce texte va renforcer la France alors que le texte va la faire disparaître", a-t-il ajouté.

"Je veux dire aux Français qu'ils n'auront pas de sitôt l'occasion de dire non à ce qui se prépare et ceux qui ont organisé un référendum le regrettent", a déclaré M. Dupont-Aignan, président du club Debout la République.

"M. Chirac a dit que cette constitution était inspirée de 1789, la campagne, elle, est inspirée de la Terreur", a pour sa part déclaré le député UMP Jacques Myard, président du Cercle Nation et République.

Tous les participants ont dénoncé "le matraquage du oui". "On prend vraiment nos concitoyens pour des imbéciles", a estimé M. Dupont-Aignan.

 

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