PS - NM - Emmanuelli

PARIS, 10 mai 2005 (AFP) - Le député socialiste Henri Emmanuelli, un des chefs de file des partisans du non au PS, a dénoncé mardi "l'hypocrisie et le double langage" à propos de la directive Bolkestein, s'en prenant notamment au député européen Pierre Moscovici (PS).
Evoquant un amendement demandant le retrait de la directive sur les services et du principe du pays d'origine déposé par les Verts au Parlement européen, M. Emmanuelli affirme dans un communiqué avoir appris "avec stupeur que Pierre Moscovici, ancien ministre signataire du Traité de Nice ainsi que sept autres eurodéputés socialistes français ont voté contre" le 28 avril.
"Jusque là, je m'étais abstenu de toute polémique avec mes camarades. Mais il y a des limites que je tiens à dénoncer", poursuit le député des Landes.
Selon lui, "à l'évidence, la directive Bolkestein n'est pas retirée" et "les gesticulations qui accompagnent sa progression pourtant inexorable ne sont qu'un rideau de fumée qui se dissipera le 29 mai prochain si la France dit oui".
Interrogé par l'AFP, M. Moscovici a qualifié cette mise en cause de "mauvais procès", précisant qu'il avait "commis une erreur" technique, en votant électroniquement contre l'amendement, mais qu'il avait officiellement fait rectifier son vote, en vote pour, "dans l'après-midi" même.
En effet, a-t-il expliqué, le groupe PSE des socialistes européens avait appelé à voter contre cet amendement, suivant en cela l'avis du rapporteur des débats, la sociale-démocrate allemande Evelyne Gebhardt. Mais les socialistes français avaient fait "passer la consigne orale" entre eux de le voter, bien qu'il "ne soit ni constructif ni important".
"C'est un procédé singulier que le relevé notarial des votes, comme si le groupe socialiste n'était pas pour l'abandon du principe du pays d'origine", a encore affirmé M. Moscovici. "C'est un procès lamentable qui m'est fait", a-t-il conclu.