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PARIS, 10 mai 2005 (AFP) - Les tenants du "non de gauche" au parlement ont dénoncé d'une seule voix, mardi, le "déni de démocratie" que constitue à leurs yeux "la campagne d'Etat pour le oui" au référendum du 29 mai sur le traité constitutionnel européen".
Pour la première fois depuis le début de la campagne référendaire, les parlementaires représentant toutes les sensibilités du "non de gauche" ont tenu une initiative commune, par le biais d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, les amis de Laurent Fabius s'associant cette fois à la démarche.
Se sont ainsi retrouvés Marie-George Buffet (PCF), les socialistes Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Martin (proche de M. Fabius), des Verts, comme le député Martine Billard, et des radicaux de gauche tels que Emile Zuccarelli.
Ils ont annoncé qu'ils demandaient, grâce à la procédure du référé-liberté, l'intervention urgente du Conseil d'Etat pour faire suspendre la campagne d'affichage publicitaire "tronquée" qui doit démarrer ces jours-ci dans 55 grandes villes françaises.
Ils réclament aussi la non-diffusion prévue dans les lycées d'une brochure "laudative" sur le traité rédigée par la Commission européenne et l'annulation des subventions versées pour l'information des citoyens à des associations "toutes favorables à la ratification du traité".
Relevant que cette campagne coûte "des millions d'euros", le recours à la Haute assemblée déclare qu'"il n'est pas tolérable que le gouvernement s'autorise à engager les deniers publics dans un but exclusivement partisan alors même qu'il n'ignore pas l'illégalité de sa démarche".
Au centre de la table, Mme Buffet a stigmatisé "une formidable campagne d'Etat". "Cela se passerait dans un autre pays, on proposerait d'envoyer des observateurs", a lancé le sénateur Mélenchon.
M. Emmanuelli et Mme Billard se sont élevés contre "un déni de démocratie". Pour le député des Landes, "le problème du pluralisme de l'information est bel et bien posé".
M. Zuccarelli a vilipendé quant à lui "une campagne dont le ton est pratiquement sans précédent, une campagne hargneuse".
Interrogés sur le point de savoir si cette initiative commune préfigurait l'unification de ses composantes dans la campagne, les intervenants sont restés prudents.
"Cela préfigure le besoin de la gauche de se rassembler sur des positions répondant aux attentes populaires", a déclaré Mme Buffet. M. Emmanuelli a rappelé qu'"on a gouverné ensemble pendant dix ans". Se réunir ainsi le 10 mai, jour de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, "c'est un bel anniversaire", a dit M. Mélenchon.