VLR - Morvan
communiqué de François Morvan, 03/05/2005
Nous sommes européens et nous votons NON
Il parait que le souffle de 1789 souffle sur la constitution européenne, mais cest la suffisance de la noblesse moderne dont le Président sest fait le défenseur.
Le Président se félicite en effet du débat démocratique sur la "constitution", mais pas naccepte pas léventualité quil lui donne tort. On a ainsi le droit dêtre anti-européen, cest à dire idiot, mais pas dêtre européen et dêtre pour le non. Il a décidé du référendum, mais il lui parait impensable que le vote populaire vienne contredire les cénacles de Bruxelles et du Parlement Européen qui ont rédigé la "constitution" sous la direction de celui que les français ont définitivement chassé du pouvoir en 1981 pour cause daristocratisme.
Cest bien cela la question : lécart entre ce que croient les "décideurs" et ce que voit le peuple. La où le Président est heureux de voir la France en tête du peloton de queue pour la croissance, les français voient bien la stagnation économique. Là où il voit les délocalisations créer des emplois, les français voient le chômage de masse continuer ses ravages. La où il voit des services publics sauvegardés, les français voient la privatisation de la SNCF, dEDF, de la Poste mis en oeuvre par les directives européennes.
Là où le Président voit "le modèle social européen" au mieux de sa forme, les français voient les inégalités sociales se creuser comme jamais aux dépends des salariés face aux revenus du capital et de la rente dans une économie de "concurrence libre et non faussée" dont le Président a oublié de nous rappeler quelle devenait une principe constitutionnel.
Les français voient bien que le carrosse traîné par lattelage Chirac-Sarkozy-Hollande est une citrouille ultra-libérale. Après avoir dit "non" à la guerre en Irak, "non" au projet Bolkestein, le Président a lui-même démontré que le spectre de lisolement de la France si le "non" lemportait le 29 Mai est un épouvantail. Les françaises et les français ne veulent pas seulement garder leur "identité", ils veulent garder le pouvoir de dire "non" quand il le faut. Si ce nest pas possible aujourdhui, ce le sera encore moins demain.
En disant "non", la France sera à linitiative du redressement de la construction européenne et non de son enterrement. Car si le "non" lemporte, cest bien une renégociation qui simposera. Nous aimons lEurope, nous votons non !