PT - Gluckstein
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lettre du Parti des travailleurs (PT) à Dominique de Villepin, 02/05/2005
Daniel Gluckstein
Secrétaire national du Parti des travailleurs
à Monsieur De VILLEPIN
Ministre de lIntérieur, de la Sécurité intérieure et des libertés locales
objet : demande dentrevue
Monsieur le Ministre,
Jai pris connaissance des décrets n°2005-237 et 238 publiés au Journal officiel n°65 et 68 du 18 mars 2005 relatifs à la campagne référendaire. Ceux-ci en ne reconnaissant le droit dexpression sur les ondes et chaînes publiques quà huit formations politiques dans le cadre de cette campagne, consacrent une violation flagrante de la démocratie .
Au nom de quel principe, des organisations et des partis légaux et reconnus comme le Parti des travailleurs peuvent-ils se voir interdit dexpression ? Jusquà aujourdhui, la législation en France nintroduisait pas de distinction entre des partis politiques "officiels" et dautres qui ne le seraient pas. Cette absence de distinction est dailleurs conforme à la démocratie.
Mais un nouveau pas, dans latteinte à la démocratie et aux droits élémentaires dexpression des partis dans la République Française, vient dêtre franchi avec la publication de votre circulaire n° NOR INT/A/05/00045/C en date du quatre avril 2005, adressée à Mesdames et Messieurs les maires.
Dans celle-ci, qui a pour objet lorganisation matérielle du référendum, il est écrit en page 4 : "Conformément à larticle 2 du décret relatif à la campagne, est interdit à compter du 9 mai 2005, zéro heure : tout affichage relatif au référendum en dehors des emplacements réservés ou sur les emplacements réservés aux autres organisations politiques habilitées (article L.51)."
Dune part des décrets établissent une liste limitée des formations politiques ayant accès aux ondes et chaînes publiques ainsi quaux panneaux officiels ; dautre part, une circulaire interdit laffichage en dehors des emplacements réservés à huit formations.
Monsieur le Ministre, le Parti des travailleurs, pour sa part, mène depuis prés dun an campagne pour le vote non au référendum concernant le traité constitutionnel. Linterdiction qui nous serait faite en particulier de coller des affiches donnant notre position sur le référendum, à partir du 9 mai et cela jusquau 29 mai, revient à entraver notre liberté dexpression.
Cest une nouvelle atteinte à la démocratie. Cette dernière, suppose la reconnaissance des partis politiques dont le Parti des travailleurs au même titre que les autres.
La Constitution française, dans son article 4 réaffirme ce principe fondamental : "Les partis et groupements politiques concourent à lexpression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie". Cet article de la constitution se trouve aujourdhui bafoué de fait, par la mesure discriminatoire frappant le Parti des travailleurs et tous les partis autres que les huit cités dans les décrets.
Si les dispositions mentionnées dans les décrets et votre circulaire nétaient pas abrogés alors les électeurs ne manqueraient pas de faire le rapprochement entre cette atteinte à la démocratie et la constitution européenne.
Vous comprendrez, Monsieur le Ministre, au vu de la gravité de cette situation, que je vous demande dabroger ces mesures discriminatoires et de me recevoir en audience dans les meilleurs délais.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre mes salutations respectueuses.
Pour le Parti des travailleurs, son secrétaire national
Daniel Gluckstein