conséquences d'un NON

Publié le par France Républicaine

Par Gaëlle GEOFFROY

PARIS, 29 avr 2005 (AFP) - Les principales Bourses européennes restent de marbre face aux sondages prédisant une victoire du non au référendum sur la Constitution européenne en France, qui pourrait même se révéler, le premier choc passé, favorable aux groupes cotés.

Depuis le 17 mars et le premier sondage donnant gagnant le non, les principales places financières européennes se sont toutes affichées en baisse : les Bourses de Paris et Francfort ont reculé chacune de quelque 2,80%, et celle de Londres de 2,4%.

Mais ce repli est dû à des raisons indépendantes du scrutin. "Les investisseurs se concentrent sur le ralentissement économique aux Etats-Unis et en Europe", estime Jean-Paul Pierret, directeur de la stratégie chez Natexis Banques Populaires.

Les stratégistes s'attendent certes à une légère augmentation de la volatilité sur les marchés à l'approche du 29 mai, puis dans une très courte période suivant le scrutin, a fortiori si le non devait l'emporter en France, membre fondateur de la Communauté économique européenne (CEE).

"Un non signifierait une remise en cause de toute la conception +politique+ de l'Europe, ce qui aurait un effet psychologique sur les investisseurs à court terme", explique Jean-François Virolle, directeur de la recherche économique chez Global Equities.

"Mais dans le domaine économique et financier, ce ne serait pas synonyme de catastrophe", ajoute-t-il. "Il n'y aurait pas de changement radical en termes de politique économique", fait remarquer Vincent Treulet, stratégiste actions chez Ixis Securities.

Le traité constitutionnel ne fait finalement que reconnaître, en les institutionnalisant, les rôles de la Banque centrale européenne (BCE) et de l'Eurogroupe, cette instance informelle qui réunit chaque mois les ministres des pays membres de la zone euro.

Une victoire du non, synonyme de statu quo, pourrait avoir des aspects positifs, selon les stratégistes. Les entreprises pourraient ainsi continuer d'arbitrer entre les différentes zones de l'Union européenne - plus ou moins compétitives en termes fiscaux et sociaux - pour y développer leurs activités, expliquent-ils.

"On resterait dans le cadre des traités actuels, une organisation certes chaotique mais qui permet notamment aux groupes de mettre en concurrence les pays sur le plan social et fiscal", estime Vincent Treulet.

D'autres soulignent qu'une non ratification du traité pourrait déboucher sur des politiques davantage définies à l'échelle nationale et plus tournées vers des programmes de relance par la demande, pour favoriser la croissance.

"Un non pourrait se transformer en chance en redonnant aussi de l'oxygène à tous les exportateurs" par un repli de l'euro face au dollar, ajoute M. Pierret.

Les Bourses sont d'autant moins fébriles qu'à un mois de l'échéance, le scrutin paraît encore lointain à des marchés financiers qui restent focalisés sur une conjoncture économique dégradée. Le référendum "n'est pas un phénomène majeur pour les marchés actions européens", résume M. Treulet.

 

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