PS - NM - Emmanuelli

Publié le par France Républicaine

PARIS, 20 avr 2005 (AFP) - Le député socialiste des Landes Henri Emmanuelli, farouchement hostile au traité constitutionnel européen, a souhaité mercredi soir lors d'une réunion publique à Paris que le "non de gauche" démontre qu'il est capable de "construire une alternative" au projet des tenants du oui.

"Au mois de mai, il faudra que les partisans du non, d'une manière ou d'une autre, travaillent ensemble. Nous devons faire la démonstration que les partisans du non ont la capacité à construire une alternative", a-t-il déclaré.

Le président du Conseil général des Landes s'exprimait devant environ 600 personnes (plus de 800 selon les organisateurs) lors d'un meeting organisé par le Collectif parisien pour le non socialiste.

Participaient aussi à cette réunion l'ancien président de la Confédération européenne des syndicats (CES), le Belge Georges Debunne, le président d'Attac Jacques Nikonoff et le député PS du Nord Marc Dolez.

M. Emmanuelli s'est déclaré prêt à faire campagne "avec tous les partis qui se reconnaissent dans le progressisme et la démocratie", précisant que s'il s'adressait dans un premier temps à "l'électorat socialiste", c'est "parce qu'il sera un éléméent déterminant de la victoire, éventuellement, du non".

L'ex-président de l'Assemblée nationale a d'autre part mis en garde ses camarades du PS contre des attaques qui pourraient les priver de son soutien dans les prochains combats de son parti. "Il faudra bien fabriquer de nouvelles synthèses, assez larges pour pouvoir franchir l'obstacle de la majorité", a-t-il averti.

A l'ex-Premier ministre Pierre Mauroy, qui avait estimé la veille que voter non serait pour un socialiste un "parjure", M. Emmanuelli a répondu : "Je n'accepte pas cette forme de chantage qui voudrait que quand on est pro-européen on vote oui, et quand on est anti-européen, on vote non".

Le député PS a stigmatisé "les conditions d'irresponsabilité totale" dans lesquelles s'est déroulé l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est. "On pourrait les aider" à rattraper leur retard, mais, a-t-il rappelé, "le traité interdit de faire un seul euro de déficit budgétaire". "Les irresponsables nous proposent de rester irresponsables!", a-t-il accusé.

Avant lui, Georges Debunne avait "salué la force de résistance qui se soulève en France" face à une Constitution qui "favorise le dumping social".

Enfin, Jacques Nikonoff a affirmé qu'un non français serait "une puissante impulsion à la refondation européenne". "Tout reposera, comme toujours, sur des mobilisations populaires" afin de "purger la Constitution européenne des politiques néo-libérales", a-t-il dit. "Dans la bataille qui suivra la victoire du non, nous serons les soldats de l'An II", a conclu le responsable altermondialiste.

 

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