PS - Emmanuelli

PARIS, 15 avr 2005 (AFP) - Le député PS des Landes, Henri Emmanuelli, qui milite pour le non au référendum sur la constitution européenne, affirme dans une interview à paraître samedi dans Libération qu'il faut "un nouvel Epinay" - congrès fondateur du PS en 1971 - aux socialistes.
Alors que les socialistes se déchirent sur la question de la constitution européenne, M. Emmanuelli qui fait "publiquement campagne pour le non", s'opposant à la ligne officielle de son parti, déclare que "34 ans après Epinay, une période s'achève" et qu'"il nous faut un nouvel Epinay".
Que le oui ou le non l'emporte le 29 mai lors du référendum, "la question de l1orientation du socialisme français est posée", assure-t-il. Et "il n1est pas imaginable que le PS soit le 29 mai à côté de son électorat comme il l1a été le 21 avril 2002", au soir du premier tour de l'élection présidentielle qui a vu l'échec du candidat socialiste, Lionel Jospin.
Alors qu'il va réunir dimanche ses Collectifs locaux pour le non, regroupant les socialistes qui refusent la ligne officielle du PS, M. Emmanuelli nie toute volonté de créér une scission au sein de son parti. Au contraire, il revendique être et rester "socialiste, quelle que soit l1issue du référendum", ajoutant "et je pense, comme François Hollande, que le 30 mai, il faudra chercher les moyens du rassemblement".
Regrettant que "la présidentielle empoisonne tout", le député des Landes s'adresse à "ceux qui sont obsédés par cette échéance" (l'élection présidentielle de 2007, ndlr): ils "feraient mieux de se demander s1il y a de l1eau dans la mer censée les porter plutôt que de peaufiner leur catamaran".
"On nous a pourri le référendum interne avec cette question et je vois bien que, faute d1arguments convaincants, ceux qui craignent la victoire du non aimeraient bien que ça recommence", déclare-t-il en avertissant : "ils ne me trouveront pas sur ce terrain".
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PARIS (AP) -- Le député socialiste des Landes Henri Emmanuelli, partisan du "non" pour le référendum sur la Constitution européenne, estime que "la question de l'orientation du socialisme français est posée", dans un entretien publié samedi dans "Libération".
"Si le oui l'emporte, le PS ne pourra oublier que la moitié de la gauche, au moins, aura voté non. Si le non gagne, le problème se posera aussi, mais avec moins d'intensité. Dans tous les cas, la question de l'orientation du socialisme français est posée", souligne-t-il.
M. Emmanuelli plaide pour "un nouvel Epinay", du nom du congrès qui avait vu la refondation du parti en 1971 sous l'égide de François Mitterrand. "Il n'est pas imaginable que le PS soit, le 29 mai, à côté de son électorat comme il l'a été, le 21 avril 2002 (...) Le rôle de la social-démocratie n'est pas d'être un avatar du libéralisme. Elle doit s'opposer à lui et constituer la colonne vertébrale du progressisme européen".
Le député socialiste, qui réunit dimanche les collectifs locaux pour le "non" au référendum, estime que "voter oui, c'est accepter la nature libérale de l'Europe actuelle et contribuer à l'ancrer pour longtemps dans ce libéralisme".
Il s'en prend par ailleurs à "ceux qui sont obsédés" par le scrutin présidentiel de 2007. Ils "feraient mieux de se demander s'il y a de l'eau dans la mer censée les porter, plutôt que de peaufiner leur catamaran".
Enfin, revenant sur les déclarations du Premier secrétaire du PS François Hollande, qui a déclaré que le "non" faisait "le jeu de l'extrême droite", il estime qu'il s'agit d'une "faute", plus que d'une "erreur stratégique". "J'ai mis en garde mes camarades contre la gravité de ce contresens politique et psychologique. Je les appelle à se ressaisir. Car je pense, comme François Hollande, que, le 30 mai, il faudra chercher les moyens du rassemblement".