Comité Valmy
déclaration du Comité Valmy, 16/04/2004
Le peuple français : mouton noir ou "cheval blanc" ?
Après son antidémocratique et médiocre prestation de politique spectacle sur une chaîne de télévision domestiquée, nombreux sont ceux qui estiment que Jacques Chirac a peut-être bien marqué un but contre son camp. Sans aucun contradicteur pour le promoteur de la vérité officielle, avec une assistance et des animateurs sélectionnés par lui-même, cette émission apparaît comme une leçon de chose sur la dictature de la pensée unique.
Pour les républicains militants que nous sommes, qui par principe respectent la fonction de Président de la République, il est difficile d'envisager que celui-ci puisse mentir méthodiquement aux Français. Si l'on s'en tenait à cette vision subjective, force serait alors, de considérer que Jacques Chirac n'a pas lu la « constitution » dont il assure la promotion et qu'il ne sait pas de quoi il parle.
Pourtant, c'est bien lui qui, à Barcelone, avec Jospin, son clone maastrichtien prétendument de gauche, décidait de reculer de cinq ans l'âge de la retraite lors d'un sommet de l'Europe ultra-libérale. C'est bien sous son règne que les délocalisations, le chômage, la démolition du service public s'accélèrent. En réalité, Chirac sait bien que cette « constitution » entend promouvoir la « concurrence libre et non faussée » dans une Europe au service de la mondialisation financière et d'un atlantisme de plus en plus belliciste et dangereux, avec Georges W. Bush comme grand timonier de l'impérialisme.
Il semble bien que la grande manipulation chiraco-médiatique n'ait pas trompé grand-monde et que l'expérience aidant, le peuple français s'est installé dans un processus de prise de conscience sur le contenu réel de cette Europe qu'une oligarchie financière et antinationale, entend lui imposer à marche forcée. Les Français et les jeunes en particulier, savent qu'on leur ment de manière cynique quant on leur dit que cette constitution est un rempart contre le libéralisme ou encore, contre la volonté de guerre de l'impérialisme américain.
Le peuple français refuse le chantage au chaos des eurolâtres, et si l'on brandit devant lui le risque de bloquer le processus européen actuel, il est de plus en plus tenté de répondre que ce blocage est à la fois nécessaire et urgent ; et de dire chiche ! En effet, il voit de plus en plus nettement que cette Europe est antinationale, antirépublicaine et, de manière indissociable, antisociale. Il commence à se rendre compte, bien en avance sur des « élites » auto-proclamées, qu'une Europe supranationale, fédérale, ne peut être qu'ultra-libérale et qu'il est nécessaire de changer complètement, et enfin démocratiquement, la donne politique, de construire maintenant une alternative progressiste.
Le Comité Valmy milite dans ce sens. Il propose de lancer un processus d'Assises de la République pour la reconquête de la souveraineté populaIre et nationale, le renforcement de la République, de son unité et de ses principes - tout particulièrement celui de laïcité - et le progrès social.
Il faut répondre non au référendum ! Un non français est attendu par les peuples d'Europe et du monde. Ce sera un non exemplaire comme le fut la Révolution française.
Avec ce non la France sera en quelque sorte le "Chevalier blanc" des peuples et nations asservis par le Capital mondialisé. Le mouton noir pourrait bien résider à l'Elysée, les brebis galeuses, quant à elles, sévissent à droite ou à gauche, chez les renégats de la cause du peuple.