PRG - Taubira
PARIS, 14 avr 2005 (AFP) - Christiane Taubira (PRG), députée de Guyane et ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2002, est favorable au "non" au référendum sur la Constitution européenne et pense même que s'il gagne, il "pourrait être la chance de la gauche".
Interviewée par l'AFP, Mme Taubira qui avait créé la surprise le 21 avril 2002 en obtenant près de 700.000 voix a souligné qu'elle était favorable à "une Constitution pour l'Europe", à condition qu'il s'agisse d'"un texte clair pour tout citoyen européen". "Les politiques économiques n'ont rien à faire dans un texte de ce type", estime-t-elle.
Son "principal argument" contre le Traité, qui comporte pourtant "de belles avancées", résultat du "combat contre les discriminations" et "en faveur des droits des femmes", est qu'il devrait pouvoir être amendé. "Or la procédure de révision montre bien qu'il s'agit d'une décision définitive, qui engage les générations futures", estime-t-elle.
Députée de Guyane, Mme Taubira a souligné que "l'Outre-mer avait une voix à part" et que le référendum du 29 mai devait être "l'occasion de faire entendre cette voix".
"Dans le contexte d'un oui national, un non en outre-mer ferait sensation et viendrait dire que le monde est multipolaire et qu'aux confins de l'Europe, des voix rappellent que la place de l'Europe dans le monde est l'un des enjeux de la construction européenne".
La gauche n'a "toujours pas tiré les leçons du 21 avril", souligne également Mme Taubira, ni pendant "la phase de flagellation" qui a suivi l'échec à la présidentielle, ni "au moment du congrès de Dijon".
C'est pourquoi, selon elle, la victoire du non "pourrait être la chance de la gauche" qui serait alors "acculée" à des changements.