Jacques Chirac vs François Mitterrand
PARIS, 12 avr 2005 (AFP) - Le 3 septembre 1992, François Mitterrand défend le oui au traité européen de Maastricht, lors d'un face-à-face avec le chef de file des opposants au texte, Philippe Séguin, retransmis depuis l'amphithéâtre de la Sorbonne par TF1.
Deux semaines avant le référendum sur le traité de Maastricht, sous les lambris dorés de la Sorbonne, le décor choisi pour l'intervention du président de la République est aux couleurs de l'Europe: le plateau est un immense échiquier aux damiers bleu et blanc, entouré de douze lumières bleues symbolisant les pays membres.
Pendant près de trois heures, le président s'est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l'Europe, expliquant longuement le contenu du traité à cinq cents personnes réunies dans ce cadre solennel.
Clou de ce show bien orchestré et dirigé par Guillaume Durand, un débat avec le député-maire RPR d'Epinal, Philippe Séguin, consacré pour l'occasion chef de file des opposants au traité.
Adversaire solide, M. Séguin s'est illustré quelques mois avant par un discours fleuve à l'Assemblée nationale, où il a notamment déclaré: "Maastricht, c'est l'anti 1789".
Lors de ce débat courtois et souvent émaillé d'humour, les deux hommes campent sur leurs positions, s'opposant notamment sur la politique monétaire, le poids de la technocratie bruxelloise et l'élargissement aux pays de l'Est.
Auparavant, le président avait répondu aux questions de quatorze Français sélectionnés par la Sofres et équitablement répartis entre pro et anti-Maastricht, ainsi qu'à celles de trois journalistes, Serge July (Libération), Jean d'Ormesson (Le Figaro) et Gérard Carreyrou (TF1).
Pour le référendum sur la Constitution européenne du 29 mai, Jacques Chirac entrera jeudi soir en campagne pour le oui au cours d'un débat télévisé, avec 80 jeunes âgés de 18 à 30 ans et également sélectionnés par la TNS-Sofres. L'Elysée a fait savoir lundi le chef de l'Etat "ne débattra pas" avec les leaders politiques pendant la campagne.