directive Bolkstein
communiqué de la présidence du Conseil de l'Union européenne, 23/03/2005
Lors de sa première session de travail, le Conseil européen sest saisi de la directive sur louverture des services. Le Premier ministre et président du Conseil européen, Jean-Claude Juncker a longuement commenté lenjeu de la directive :
"Javais demandé au Président de la Commission et aux membres du Conseil européen dessayer de nous mettre daccord sur le traitement quil convenait dapporter à la directive sur louverture des marchés des services. Nous avons eu un échange de vues. Le débat était vertueux, ce qui nous a permis de nous mettre daccord sur le les démarches à entreprendre.
Nous sommes tombés daccord pour dire que le marché intérieur des services doit devenir pleinement opérationnel pour pouvoir promouvoir la croissance et lemploi et renforcer la compétitivité en Europe. Mais le marché des services que nous voulons mettre en place doit préserver le modèle social européen.
Les débats ont montré que la rédaction actuelle de la proposition de la directive qui est luvre de lancienne Commission ne répond pleinement aux exigences que je viens de décrire, notamment au nécessaire respect du modèle social européen. Par conséquent le Conseil européen demande que tous les efforts soient entrepris dans le cadre de la procédure législative en cours pour dégager un large consensus qui répondra à lensemble des objectifs que je viens de mentionner : ouverture du marché des services, respect du modèle social européen.
La directive ne sera pas retirée. Cest la seule Commission qui pourrait le faire. Le Conseil européen na pas le droit de donner des injonctions de ce type à la Commission européenne. Si la directive était retirée, nous donnerions limpression que louverture des services aurait disparu de lagenda européen. Elle doit rester sur lagenda européen puisque la stratégie de Lisbonne qui parle de croissance, demploi et de compétitivité implique que nous ouvrions le marché des services.
La rédaction du texte de la directive tiendra compte du double impératif de louverture du marché des services et du respect du modèle social européen selon la devise : Oui à la libéralisation des services, non au dumping social. Ceux qui voudraient que la directive sur les services soit façonnée de façon telle que les travailleurs perdent tous leurs droits, à ce quil y ait une pression malsaine sur le niveau des salaires et un rabaissement des niveaux des droits du travail à travers louverture des marchés, se trompent lourdement.
On donne parfois limpression que lEurope se fiche royalement des conséquences de cette directive sur les réalités quotidiennes des gens. Ce nest pas vrai. Notre travail sera un travail dexamen important de réponse aux attentes qui se sont exprimées. Nous ne prenons pas à la légère ce dossier."