PS
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Par Thierry MASURE
PARIS, 20 mars 2005 (AFP) - Le Bureau national (BN) du PS devait débattre mardi des décisions à prendre pour tenter de faire respecter la ligne du parti en faveur de la constitution européenne, au moment où le lancement de collectifs socialistes pour le non élargit la fracture entre tenants du oui et du non au référendum du 29 mai.
Le premier secrétaire François Hollande, qui voit son autorité contestée en dépit de la large victoire (59%) du oui au référendum interne de décembre 2004 sur le traité constitutionnel européen, a promis "des décisions" à l'occasion du BN pour que "l'image" du parti cesse d'être "brouillée" par ceux qui font campagne pour le non.
Sont dans le collimateur le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord Marc Dolez, qui ont tenu chacun la semaine dernière un meeting avec des partisans du non appartenant à d'autres formations de gauche. Une circulaire du 1er février avait rappelé que c'était là un motif de sanctions.
Si la direction avait choisi dans un premier temps d'ignorer les cas d'indiscipline pour ne pas faire de "martyrs", une certaine contagion dans la désobéissance et la montée du non dans les intentions de vote l'ont conduite à réviser sa position.
Néanmoins, François Hollande et ses amis ont renoncé à leur intention première, qui était encore la leur lundi, de lancer des procédures disciplinaires, au profit "d'une condamnation solennelle qui en reste aux principes" d'unité et de cohérence du parti, selon un membre du BN favorable au non.
Les partisans du oui sont légèrement minoritaires au sein du BN. Or, ni les fabiusiens, ni la minorité Nouveau Parti socialiste (NPS) ne veulent de sanctions, sans parler de Nouveau Monde, le courant de Jean-Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli.
"Avoir pour seule réponse de manier la sanction constituerait une faute, alors qu'il y a un débat, celui de l'Europe, qui interroge toute la société française", selon Claude Bartolone, homme de confiance de Laurent Fabius.
"Sauf à insulter le parti par des prises de position, ce serait une erreur de sanctionner", a estimé le député européen Benoît Hamon, au nom du NPS. Quant à M. Emmnanuelli, il a jugé qu'une réponse sous forme de sanctions serait "affligeante".
A l'inverse, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, a publiquement souhaité que ceux qui mènent campagne pour le non "se mettent en congé" du parti. Hypothèse rejetée par M. Mélenchon.
Enfin, l'initiative de M. Emmanuelli de mettre en place "dans chaque département" de "collectifs socialistes pour le non" au référendum, autour du slogan "Cette fois-ci, c'est non!", fragilise la direction.
Le député des Landes a même fait part de son intention, "dans un deuxième temps", de "faire des meetings avec d'autres partis de l'ex-gauche plurielle".