PS - Emmanuelli

Publié le par France Républicaine

PARIS, 22 mars 2005 (AFP) - Le député PS des Landes Henri Emmanuelli a annoncé mardi à l'Assemblée nationale la mise en place "dans chaque département" de "collectifs socialistes pour le non" au référendum sur la Constitution européenne.

"On va mettre en place à partir d'aujourd'hui dans chaque département un collectif socialiste pour le non", a déclaré l'ancien président de l'Assemblée nationale au cours d'une conférence de presse.

Cette décision marque un pas supplémentaire dans la "dissidence" du leader de Nouveau Monde, l'aile gauche du parti, qui s'était lancé seul dans la campagne pour le non, le 2 mars dernier.

M. Emmanuelli a justifié cette initiative par le fait que les socialistes favorables au non "sont privés de tous moyens, financiers et d'expression" pour défendre le "non de gauche" dans le cadre de la campagne officielle.

"Il nous reste une seule possibilité : faire une campagne de proximité, d'où ces comités", a-t-il ajouté.

L'ex-premier secrétaire du PS a précisé qu'"une vingtaine de comités sont déjà en place" et que "d'ici la fin de la semaine, il y en aura un peu partout".

Les comités feront campagne autour du slogan "Cette fois-ci, c'est non!", sans utiliser l'emblème du PS, le poing et la rose, a-t-il ajouté.

M. Emmanuelli a aussi fait part de son intention de tenir des meetings pour le non avec d'autres formations de gauche. "Dans un deuxième temps, nous n'aurons que du bonheur à agir et à faire des meetings avec d'autres partis de l'ex-gauche plurielle", a-t-il dit.

"On ne néglige pas les ressources culturelles et militantes d'Attac et d'autres mouvements", a ajouté le dirigeant de Nouveau Monde.

Selon lui, "des millions d'électeurs socialistes ne vont pas se laisser impressionner par la fausse alternative +pour ou contre l'Europe+, mais ont compris qu'ils pouvaient voter contre ce traité tout en gardant leur espérance dans l'Europe sociale et démocratique".

Il s'est défendu de contrevenir aux règles de la discipline collective du parti. "On fait campagne dans le pays, pas dans le parti", a-t-il souligné.

M. Emmanuelli a jugé "affligeantes" les menaces de sanctions agitées par la direction contre les socialistes qui participeraient à des réunions publiques pour le non avec d'autres forces de gauche.

Alors que certains responsables du oui évoquent une suspension du Bureau national du sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon et du député du Nord Marc Dolez, qui ont pris part à de tels meetings la semaine dernière, il a écarté une telle hypothèse : "Cela n'existe pas dans les statuts du parti", a-t-il dit.

M. Emmanuelli a d'autre part critiqué le fait que le premier secrétaire François Hollande ait posé pour une photo à la Une de Paris-Match en compagnie du président de l'UMP Nicolas Sarkozy. "Je peux vous assurer qu'on ne nous verra pas à la Une avec un leader de droite", a-t-il dit.

 

@

 

PARIS, 22 mars 2005 (AP) - Franche explication en vue au PS. Alors que le bureau national du parti doit examiner mardi soir d'éventuelles sanctions contre Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez pour avoir mené ouvertement campagne pour le "non" au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne, Henri Emmanuelli a annoncé qu'il lançait des collectifs socialistes pour le "non" dans tous les départements.

"Les socialistes qui sont pour le 'non' sont privés de tous moyens. M. Chirac a promis 800.000 euros pour financer le référendum" mais "il n'y aura rien pour les socialistes qui prônent le 'non'", a déploré le député des Landes lors d'une conférence de presse à la mi-journée, dénonçant une "véritable déferlante" du "oui". De plus, "nous serons exclus en terme d'expression de la campagne officielle".

"Face à cette double privation de moyens", a-t-il expliqué, "nous n'avons qu'une possibilité, c'est de faire une campagne de proximité" en installant "dans chaque département un collectif socialiste pour le 'non' qui aura pour fonction de diffuser des argumentaires, de faire des réunions publiques et de répondre au besoin d'information". "Il y a en a d'ores et déjà une vingtaine en place, mais je pense que d'ici la fin de la semaine on sera à peu près partout", a-t-il précisé.

Jusqu'au 15 avril, ces comités du "non socialiste" s'adresseront en priorité aux électeurs socialistes, sans toutefois utiliser le sigle du parti. Ils pourraient ensuite tenir des meetings communs avec d'autres formations de l'ancienne gauche plurielle favorables au "non" ou des mouvements associatifs tels qu'ATTAC.

Quant aux menaces de suspension du bureau national lancées par la direction contre son confrère du courant minoritaire "Nouveau monde" Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli a dénoncé de la "poudre aux yeux". "Ca n'existe pas dans les statuts du parti", a affirmé l'ancien Premier secrétaire du PS, pour qui "ces histoires dans le parti commencent à devenir un petit peu attristantes, pour ne pas dire affligeantes". M. Emmanuelli, qui a lancé sa campagne pour le "non" le 2 mars et a suspendu sa participation au bureau national jusqu'au 29 mai, s'y rendra toutefois dans la soirée.

Interrogée sur de possibles sanctions contre les tenants du "non", la porte-parole du PS Annick Lepetit a estimé que "ce qui est important, c'est d'abord d'en parler, au-delà des petits effets de tribune". "Avant de tirer des conclusions au niveau des sanctions, il faut d'abord rappeler à tous que nous avons des règles communes qui fondent notre fonctionnement", a également estimé le député PS Jean-Marie Le Guen. "La situation est suffisamment grave pour qu'il y ait un rappel un petit peu solennel" de François Hollande.

"Il y a un certain nombre de gens dans le parti, peut-être emportés par leur passion, qui ne se rendent pas compte des risques qu'ils font prendre" au PS, a sermonné M. Le Guen, évoquant "le risque de la perte de crédibilité", "de la perte de confiance de ses propres militants" et "peut-être demain des divisions encore plus évidentes".

 

Publicité

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article