Danemark - Jens-Peter Bonde

Publié le par France Républicaine

COPENHAGUE, 21 mars 2005 (AFP) - Un "non" de la France à la Constitution européenne lors du référendum de mai aurait "un effet contagieux" sur les Danois, parmi les plus eurosceptiques d'Europe, qui se prononceront sur cette question le 27 septembre, a estimé lundi un chef de file eurosceptique.

L'eurodéputé Jens-Peter Bonde, un des leaders du "Mouvement de Juin" (né après le rejet du traité de Maastrich le 2 juin 1992), s'est "félicité" de "cet air frais qui souffle sur la France et qui va balayer le nouveau traité de l'Union européenne".

"Cette constitution est une société de déménagement qui va déplacer le pouvoir des électeurs aux ministres et haut-fonctionnaires qui vont décider secrètement à leur place dans divers domaines comme la politique judiciaire, sociale et du marché du travail", a-t-il déclaré à l'AFP.

Il s'est dit "persuadé" que les Danois vont la rejeter, en dépit des sondages actuels favorables. "Au début de la campagne sur le référendum sur l'euro (en septembre 2000), le camp du +oui+ avait, lui aussi, une avance de 18%. Mais le camp du +non+ avait rattrapé son retard et avait gagné avec 53% des voix", a-t-il rappelé.

Selon un sondage du 7 mars, 57% des Danois voteraient "oui" ou vraisemblament "oui" pour le nouveau traité, 26% y étant opposés et 12% indécis.

Mais une autre enquête parue une semaine plus tard a montré que près d'un électeur sur deux (46%) est indécis sur ce vote tandis que 33% des personnes seraient favorables "oui" et 21% au "non".

Pour le politologue Lars Bille de l'université de Copenhague, "un rejet français renforcera notablement le camp danois du +non+, et aura plus d'influence qu'un éventuel +non+ britannique".

"Car nous parlons ici d'un grand pays, qui est l'un des moteurs de la construction européenne, et qui est loin d'être eurosceptique. S'il venait à repousser le nouveau traité, il se créera une nouvelle situation imprévisible, et la constitution pourrait bien tomber à l'eau", a-t-il déclaré à l'AFP.

En décidant avec les autres partis du parlement d'accélérer la tenue du référendum, avant celui, jugé "contagieux" de la Grande-Bretagne, prévu en 2006, le Premier ministre libéral danois Anders Fogh Rasmussen a voulu éviter un nouveau rejet, comme sur l'euro en septembre 2000.

"Un +non+ éventuel nous plongera avant tout dans une incertitude très, très profonde" avait estimé le Premier ministre, évoquant une possible sortie du Danemark de l'UE .

En rejetant une première fois le traité de Maastricht, avant de l'accepter par un deuxième référendum, le Danemark avait obtenu des exemptions, toujours en vigueur, sur la monnaie unique, la défense commune, la politique judiciaire et la citoyenneté européenne.

 

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