référendum - sondage

Publié le par France Républicaine

Par Tristan MALLE

PARIS, 18 mars 2005 (AFP) - La forte poussée des intentions de vote en faveur du non au référendum français sur la constitution européenne, pour la première fois majoritaire dans un sondage (51%), s'explique avant tout par le retournement d'un grand nombre d'électeurs de gauche en relation avec la situation économique et sociale.

Le sondage CSA, publié vendredi dans le Parisien marque une véritable rupture par rapport aux enquêtes précédentes. Si le non affichait une progression quasi régulière depuis la fin 2004, le oui avait toujours gardé une confortable majorité, de 12 points minimum dans les sondages les plus favorables au non.

C'est chez les électeurs de gauche, et particulièrement chez les sympathisants socialistes, que le basculement est le plus net. Globalement, le rapport de force à gauche qui était de 64-36 en faveur du oui, passe à 57-43 en faveur du non, dans le sondage CSA.

Par rapport à la précédente enquête réalisée par cet institut les 23 et 24 février, le oui chute de 27 points parmi les sympathisants socialistes et devient largement minoritaire avec 41% seulement pour le oui contre 68% précédemment. Le non bondit dans la même proportion de 32% à 59%.

Dans le même temps, le pourcentage d'électeurs socialistes affirmant leur intention de s'abstenir ou de voter blanc ou nul progresse lui aussi de 49% à 55%.

Ces évolutions au sein de l'électorat socialiste traduisent, selon les sondeurs, une incompréhension face à la stratégie impulsée par François Hollande et la direction du PS favorable au oui, visant à dissocier le vote au référendum et la politique européenne d'avec les enjeux de politique intérieure.

A l'évidence, selon ces mêmes sondeurs, le contexte économique et social, marqué notamment par la forte mobilisation syndicale du 10 mars sur la défense du pouvoir d'achat, mais aussi par la mobilisation des enseignants et lycéens contre le projet Fillon sur l'école et le débat sur la directive Bolkestein pèse sur les intentions de vote.

L'enquête de CSA a été réalisée les 16 et 17 mars, par téléphone, en plein débat sur cette directive, dénoncée par l'ensemble de la classe politique.

Apparemment, la direction du PS, en dépit du oui majoritaire au référendum interne, n'a pas réussi à convaincre ses électeurs que la ratification du Traité européen serait la meilleure défense contre une "dérive libérale" de la construction européenne, comme l'affirmé Dominique Strauss-Kahn.

La montée du non apporte de l'eau au moulin des opposants au traité au sein du PS, avec le risque de faire apparaître ce parti comme de plus en plus divisé.

Ce sondage, qui confirme le lien entre l'évolution de l'opinion et la situation sociale, montre aussi que les catégories professionnelles qui constituent traditionnellement l'électorat de gauche (employés, ouvriers et professions intermédiaires) se prononcent toutes majoritairement en faveur du non.

Par rapport à février, le non gagne 17 points parmi les ouvriers, 11 points chez les employés (où il était déjà majoritaire) et 26 points parmi les professions intermédiaires.

A droite, le non progresse également, mais dans une proportion moindre (11 points) avec un rapport de force passant de 75-25 à 64-36 en faveur du oui. Les intentions de voter non progressent tout de même de 19 points chez les électeurs UDF (de 17 à 36%).

Les sympathisants UMP restent (avec ceux des Verts) les plus favorables au oui, à 69%.

 

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