Verts
PARIS, 16 mars 2005 (AFP) - Les Verts favorables au non, sommés dimanche par le Conseil national du parti de ne pas prendre publiquement position pendant la campagne sur le traité constitutionnel européen, estiment cette décision "contraire à la démocratie", selon un texte interne qu'ils ont rédigé.
"Notre Non sera européen, écologiste, altermondialiste et solidaire", indique le texte, un appel qui circule en interne parmi les Verts et aurait obtenu en quelques heures "une cinquantaine de signatures", a expliqué mercredi à l'AFP la députée Martine Billard.
Mme Billard est l'une des responsables du texte, avec notamment les sénateurs Jean Desessard et Halima Boumediene, et la vice-présidente de la région Ile-de-France Francine Bavay.
Ces Verts s'insurgent contre l'interdiction faite dimanche par le CNIR (Conseil national interrégional des Verts) de toute prise de position publique des partisans du Non, le parti ayant décidé à l'issue d'un référendum interne de faire campagne pour le oui.
"Autant nous reconnaissons que les prises de position au nom des Verts ne peuvent être que pour le Oui, autant il nous paraît contraire à la démocratie, à l'esprit de nos statuts et au respect de ce qui fut pour beaucoup un choix moralement difficile, d'interdire toute expression individuelle externe", fait valoir le texte.
"Confrontés à un texte qui, pour nous, érige en principes ce contre quoi les écologistes se sont toujours battus, et qui légitime le productivisme par le libéralisme en s'opposant à l'écologie de transformation, nous ne pouvons, en conscience, rester sans voix", indique le texte.
"Nous ne renonçons pas au grand rêve d'Europe. Nous n'acceptons pas un programme de politique économique productiviste et libérale qui contribue à sa destruction", affirment-ils, souhaitant "proposer de construire une autre Europe, sans laisser aux communistes ou à l'extrême gauche le monopole d'une alternative qui n'est pas la nôtre".