PS - Emmanuelli
PARIS, 15 mars 2005 (AFP) - Le député socialiste Henri Emmanuelli, avocat du non à la Constitution européenne, a interpellé Jacques Chirac mardi sur sa demande de "remise à plat" de la directive Bolkestein, dans une lettre dont le texte a été communiqué à la presse.
"Votre demande précipitée, confirmée par votre gouvernement devant l'Assemblée nationale, de +remise à plat+ d'un projet qu'il avait pourtant accepté dans la phase de consultation, sans trouver à y redire, semble donc, elle non plus, ne pas avoir été entendue", s'inquiète le député des Landes dans ce courrier.
Il a envoyé cette lettre au président de la République au lendemain des déclarations faites lundi à Bruxelles par le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, selon lesquelles la commission "n'abandonnerait pas le principe du pays d'origine" prévoyant que les prestataires de services sont soumis à la loi de leur propre pays, plutôt qu'à celle du pays où ils fournissent leurs services.
Pour M. Emmanuelli, il n'est "pas certain qu'une séance improvisée à la hâte à l'Assemblée nationale pour essayer d'endiguer le légitime émoi que suscitent les déclarations (de M. Barroso, ndlr) soit suffisante pour masquer la vérité et enrayer le processus".
"Les partisans d'une Europe politique, démocratique et sociale ne peuvent que s'inquiéter de l'orientation ultralibérale de la nouvelle commission et de son arrogance", a-t-il ajouté, en déclarant qu'il avait "quelque difficulté à comprendre que la France soit traitée avec une telle désinvolture".
"Il vous incombe de faire respecter la France et ses intérêts fondamentaux", conclut M. Emmanuelli à l'adresse du chef de l'Etat.