le gaullisme selon Sarkozy

Publié le par Laurent Pelvey

Lors du conseil national de l'UMP sur l'Europe, le 6 mars 2005, Nicolas Sarkozy a fait voter une motion défendant le OUI à la Constitution européenne. Parmi les arguments mis en avant par le président de l'UMP : "OUI à une Europe européenne".

Un concept clef de la certaine idée de l'Europe défendue par Charles de Gaulle. Pour le Grand homme et les gaullistes, "Europe européenne" signifie une Europe indépendante de "l'hégémonie américaine".

 

Revu et corrigé par Nicolas Sarkozy et l'UMP, "Europe européenne" devient "une Europe qui n'aura pas peur d'évoquer la question de ses frontières".

Il est vrai que le projet de Constitution européenne va à l'encontre de la construction d'une Europe européenne indépendante des États-Unis d'Amérique et de l'OTAN :

"Les engagements et la coopération dans ce domaine [la politique de sécurité et de défense] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en œuvre" (article I-41 du traité constitutionnel)

 

De Gaulle réveille-toi, ils sont devenus fous !

 

Rappel à l'attention de "Sarko l'américain" et des prétendus gaullistes de l'UMP :

"Il est vrai que, parmi nos ontemporains, il ya beaucoup d'esprits, et souvent non des moindres, qui ont envisagé que notre pays renonçât à son indépendance sous le couvert de tel ou tel ensemble international. Ayant ainsi remis à des organismes étrangers la responsabilité de notre destin, nos gouvernements n'auraient plus, suivant l'expression consacrée par cette école de pensée, qu'à "y plaider le dossier de la France". Il faut dire que l'affaiblissement relatif que nous avons subi - que nous avions subi - à la suite des deux guerres, avait l'air de donner un argument à ces champions de note effacement. Sans doute aussi des idéologues enrobaient-ils l'abandon dans des théories plus ou moins séduisantes. Ainsi certains, s’exaltant au rêve de l'Internationale, voulaient-ils placer notre pays, comme eux-mêmes se plaçaient, sous l'obédience de Moscou. Ainsi d'autres, invoquant, ou bien le mythe supranational, ou bien le péril de l’Est, ou bien l'intérêt que pourrait trouver l'Occident atlantique à unifier son économie, ou bien encore l'utilité grandiose d'un arbitrage universel, prétendaient-ils que la France laissât sa politique se fondre dans une Europe fabriquée tout exprès, sa défense dans l'OTAN, sa conception monétaire dans le Fonds de Washington [le FMI], sa personnalité dans les Nations Unies, etc. Certes, il est bon que de telles institutions existent et nous pouvons avoir quelque intérêt à en faire partie, mais si nous avions écouté les apôtres excessifs, ces organismes où prédominent – tout le monde le sait – la protection politique, la force militaire, la puissance économique, l’aide multiforme des États-Unis, ces organismes n’auraient été pour nous qu’une couverture pour notre soumission à l'hégémonie américaine. Ainsi la France disparaîtrait, emportée par les chimères."

Charles de Gaulle, 28/10/1966

 

Laurent Pelvey

cofondateur de l'Union Gaulliste pour une France Républicaine

 

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