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Ce site est ouvert à l'expression de tous les mouvements politiques démocratiques défendant le "non" au référendum sur la Constitution européenne.

 

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Appels

Mardi 11 janvier 2005

 

Appel du 11 janvier 2005 (à l'initiative d'André Bellon et du Comité Valmy)

 

Pour la démocratie, la souveraineté populaire, la République
Pour le progrès social
Pour la liberté de penser

 

Dans la plus pure des compétitions électoralistes, les partis dominants ont pris tour à tour position pour le oui au référendum sur la constitution européenne. Derrière les invocations à l'Europe se profilent des appétits présidentiels. Cela n'aurait que peu d'intérêt si ne se profilait surtout un renoncement à la démocratie, à la république, à la justice sociale. À ce renoncement, nous disons NON.

Que le PS, après plus de vingt ans de reniements et de faux discours, ait répondu oui au projet de constitution européenne n’est pas une surprise. La seule surprise est que, parmi ses adhérents rescapés du désastre des dernières décennies, plus de 40% aient encore voté non.

Que la droite appelle à voter oui est encore moins une surprise ; son rêve de toujours se concrétise : les valeurs du libre marché deviendraient constitutionnelles et aucun peuple n’aurait le droit d’y rien changer.

Que les médias français organisent une entreprise de propagande éhontée où s’affrontent partisans du oui et partisans du oui, où le mensonge domine, où la vraie contestation qui, pourtant, s’accroît jour après jour, est au mieux présentée comme fantomatique, n’est malheureusement pas non plus une surprise.

La seule question qui vaille est de savoir comment vont réagir les citoyens devant cette entreprise de démolition appliquée et systématique de la démocratie au nom de l’Europe, de la souveraineté populaire au nom du développement des échanges commerciaux, de la Nation et de la République au nom de la mondialisation, des luttes sociales au nom du grand marché.

Toujours, dans l’histoire, les hommes ont su surmonter les entreprises de régression philosophique, les atteintes aux droits les plus élémentaires. Il est plus que temps de nous libérer des diktats intellectuels que nous imposent depuis des années les responsables d’une droite et d¹une fausse gauche au nom de contraintes économiques ou internationales qu’ils ne cherchent jamais à surmonter.

Les partis politiques qui monopolisent la scène veulent faire croire que cette Europe est la seule voie possible, que ce projet mort-né est une sorte d’utopie, que le refus serait irréaliste, impensable, voire dangereux pour la paix et le progrès. Ils ont placé les citoyens devant l’idée que ce projet de constitution, même s’ils ne le connaissent pas, même s’ils sont réticents, est la moins mauvaise des solutions. Tel le chômeur contraint à accepter n’importe quel boulot, les citoyens seraient conduits à voter oui par défaut.

Cette entreprise d’aliénation doit être dénoncée, combattue avec la plus grande vigueur. Au delà même de ce projet de constitution, c’est la liberté de pensée qui est en jeu. Nous, citoyens libres, lançons cet appel pour redonner sa valeur au Non. Aucune adhésion n’a, en effet, de valeur si elle ne peut être contestée.

Le référendum sur la constitution européenne est l’occasion qu’attendait le peuple :

de refuser le chantage à l’Europe alors que, de l’aveu même des partisans du oui, l’Europe qu’on nous propose n’est que le résultat de compromis,  de contraintes et d’obligations ;

de retrouver les valeurs républicaines et laïques contre un texte qui les dissout au nom de la volonté de ne pas se singulariser ;

de redonner place aux luttes et aux idéaux sociaux de progrès contre un projet qui ne demande que de la résignation face au développement de l’inquiétude, de la régression sociale et de la précarisation ;

de rappeler, tout simplement, la philosophie humaniste, l’affirmation de la liberté, tant individuelle que collective.

Nous, citoyens français, d’origines sociales, professionnelles ou de sensibilités politiques diverses, mais tous attachés à une conception humaniste et sociale d'une Europe composée de nations vivant en paix, coopérant entres elles et appliquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, appelons nos concitoyens à voter non au référendum sur le « traité constitutionnel » européen et à se rassembler pour réaffirmer leur liberté de pensée et la souveraineté populaire, seuls fondements de la démocratie.

 

pour signer l'appel :

andre.bellon@polytechnique.org

 

premiers signataires :

http://reseau.over-blog.com/article-68879.html

 

Par Laurent Pelvey
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Mardi 10 mai 2005

Et maintenant ?

 

À moins de trois semaines du vote, quelques enseignements peuvent être tirés et quelques pistes tracées sur l’avenir.

J’avais, comme d’autres, déclaré dés le début que la question fondamentale me paraissait être celle de la démocratie ; les évènements et les attitudes des responsables politiques du oui ne font malheureusement que renforcer cette conviction (monopolisation des medias, mensonges, approximations, mépris des arguments non-conformes...).

Mais si dénoncer tout cela est nécessaire, il convient de comprendre qu’il ne s’agit que de la conséquence d’un système dont l’objectif profond est la destruction de la démocratie. Dés l’origine d’ailleurs, les « pères fondateurs de l’Europe » avaient marqué leur réticence vis-à-vis de l’expression populaire. Il serait naïf aujourd’hui de penser qu’on peut redonner vie démocratique à ce projet sans un retour sur ses fondements.

La nouveauté que représente le traité constitutionnel est que, contrairement aux précédents, il rassemble l’ensemble du projet politique dont on ne nous avait donné jusqu’alors que des morceaux. Le puzzle apparaît alors clairement. Le discours sur la démocratie n’est qu’un pitoyable discours d’accompagnent ; l’essentiel est que la politique au sens profond, dans le cadre de ce traité, échapperait par définition aux citoyens, qu’elle serait définie hors de tout contrôle par des cercles d’intérêts de nature quasi transcendantale et présentée aux citoyens comme légitime au prétexte de contraintes insurmontables, de mondialisation, de lois économiques...

Rappelons que l’article 21-3 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme déclare que « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ». Cette volonté s’exprime par le suffrage universel dont le rôle est irremplaçable. A l’inverse, le fameux droit de pétition prévu à l’article 1-47-3 du traité s’apparente plus aux suppliques que les sujets pouvaient autrefois adresser au roi. Le traitement qui a été réservé aux citoyens au cours de la campagne référendaire campagne est d’ailleurs révélateur de la dégradation de la démocratie : infantilisation (c’est ça ou rien), assujettissement (soyez responsable et cessez d’être démagogique), admonestation (soyez européen, comme on disait soyez un bon français lors des guerres).

Réaffirmer la démocratie constitue, dans ce contexte, un geste quasi révolutionnaire. Il ne s’agit pas de savoir si on est ou non européen ; ce « dilemme » n’est un piège pour nous contraindre à accepter ce que nous ne voulons pas. Il s’agit, en revanche, d’inverser les termes du débat : d’abord affirmer la souveraineté des citoyens et des peuples ; ensuite savoir si la construction européenne accepte de se fonder sur ces principes.

Quel que soit le résultat du référendum du 29 Mai, une ligne de fracture est apparue dont on doit tirer les conséquences sous peine de se contredire :

1. Dans la redéfinition d’un projet européen : il doit avant tout répondre à cette exigence démocratique.

2. Dans la vie politique : certains démocrates sont de droite, d’autres de gauche ; personnellement, je suis de gauche ; mais je n’accepte plus qu’on me demande, à ce titre, une solidarité électorale avec ceux pour qui cette étiquette n’engage pas sur ces principes fondamentaux. Doit-on être, aux prochaines élections, solidaires de ceux qui auront fait campagne pour le oui, c'est-à-dire pour un traité antidémocratique ?

Autant de questions qui sont aujourd’hui ouvertes et que je verse au débat qui se développe entre nous.

 

André Bellon

 

Par Laurent Pelvey
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