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Publié le par France Républicaine

PARIS, 3 fév 2005 (AFP) - Le Comité confédéral national de la CGT a rejeté le traité constitutionnel européen, ce qui équivaut à "une consigne de vote" négative au référendum, contre le souhait de la direction confédérale, a indiqué jeudi à l'AFP Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral.

Ce vote, de l'aveu même de M. Le Duigou constitue un échec pour la direction de la CGT qui souhaitait, a-t-il dit, que la confédération demeure "sur le terrain d'une appréciation syndicale".

Le secrétaire confédéral de la CGT a indiqué que le Comité confédéral national (CCN) de la CGT avait voté mercredi soir un amendement ainsi libellé: "le CCN se prononce pour le rejet de ce traité constitutionnel" dans un chapitre titré: "Le référendum en France".

Selon M. Le Duigou, l'économiste de la CGT, 74 membres du CCN se sont prononcés pour l'amendement, 37 contre et 5 se sont abstenus.

Il a souligné qu' "il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, cela vaut clairement consigne de vote" négative au référendum "et c'est ce que ne voulait pas la direction confédérale".

"Il s'agit d'un échec pour la direction, ce n'est pas la peine de se le cacher", a-t-il ajouté.

Selon lui, celle-ci "clairement ne voulait pas qu'il y ait de consigne de vote, et souhaitait que la CGT s'en tienne à une appréciation syndicale sur les différents aspects du traité, sans par conséquent une formulation qui finalement induise une position sur la consultation référendaire elle-même".

M. Le Duigou a indiqué que lors du CCN "les représentants d'une série d'organisations, au terme d'un débat ayant réuni 3 à 4% de syndiqués, étaient venus avec la demande expresse d'obtenir une prise de position du CCN sur le référendum".

"Il est clair que cela aura des conséquences sur les orientations et la stratégie de la CGT, on l'appréciera la semaine prochaine", a ajouté le secrétaire de la CGT.

"Pour moi, personnellement, c'est une prise de position qui finalement revient sur les 10 ans 15 ans de l'évolution initiée par Louis Viannet (ancien secrétaire général de la CGT) et continuée par Bernard Thibault", a confié M. Le Duigou faisant valoir qu'"en tant que dirigeant" il s'était "personnellement impliqué dans ce mouvement".

M. Le Duigou redoute que soient désormais valorisées les "postures protestataires et le lien avec le politique. C'est en tout cas un positionnement différent de la démarche proprement syndicale que nous voulions développer".

"C'est un peu plus qu'un accroc" pour l'évolution de la CGT, a conclu M. Le Duigou.

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général de la CGT cheminots Didier Le Reste a quant à lui souligné à l'AFP que, "sans surprise, il y a une majorité à la CGT pour rejeter les orientations libérales, y compris au niveau européen".

Déjà réunie toute la journée de mercredi, le CCN devait voter jeudi dans la matinée sur l'ensemble du texte devant exprimer la position détaillée de la CGT concernant le traité constitutionnel européen.

Parlement de la CGT, le CCN réunit les représentants des fédérations professionnelles, unions départementales, comités régionaux et nationaux.

 

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