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Publié le par France Républicaine

   

 

PARIS, 3 fév 2005 (AP) - Les partisans du "non" à la Constitution européenne entament une campagne commune. Jean-Pierre Chevènement (MRC), Nicolas Dupont-Aignan (UMP) et Maxime Gremetz (PCF) ont participé mercredi soir à la Sorbonne au premier débat réunissant des hommes politiques de droite et de gauche contre le traité constitutionnel.

Lors de ce débat, organisé par un groupe d'intellectuels intitulé "Soyons sérieux sur l'Europe", MM. Chevènement, Dupont-Aignan et Gremetz ont développé pendant deux heures les mêmes arguments contre le traité.

"Il s'agit de placer le peuple devant le fait accompli", s'est insurgé Jean-Pierre Chevènement devant quelque 200 personnes réunies dans un petit amphithéâtre. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a dénoncé une "tromperie" qui va laisser les Français "nus comme des vers, sans protection". Si la Constitution est ratifiée, "nous serons confrontés à des institutions que nous ne contrôlons pas", a-t-il averti.

Sur le fond, M. Chevènement a critiqué un traité qui va "faire table rase du passé, créer une nation in abstractro comme on fait de la culture hors sol". "L'Europe c'est une communauté de civilisation, de valeurs, pas une nation", a souligné le maire de Belfort.

Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi dénoncé un "traité constitutionnel extrêmement ambigu". "On part d'un traité et on aboutit à une Constitution", a expliqué le député UMP de l'Essonne.

Le chef de file des souverainistes de l'UMP a estimé que la Constitution allait conduire à "abandonner l'exercice de la démocratie dans un cadre national" par l'extension du vote à la majorité qualifiée. "Nous allons abandonner le droit de veto, la possibilité de dire 'non' et se faire imposer des politiques dans tous les domaines", a souligné M. Dupont-Aignan, dénonçant un fédéralisme "tronqué", "bancal" et "sans légitimité démocratique".

Le député de l'Essonne a rejeté la "tarte à la crème" de "l'Europe-puissance" agitée par ses amis politiques. "Cette Constitution inscrit dans le marbre l'impuissance publique", a-t-il estimé, citant "la lutte contre l'inflation", "le dogme de la politique de la concurrence" et "les services d'intérêt général".

Les trois hommes ont aussi fait les mêmes critiques sur les politiques économiques et sociales fixées par le traité, caractérisé par un "libéralisme pur et dur", selon M. Chevènement. "Le principe de la concurrence non faussée revient dans tous les articles comme un leitmotiv", a noté le maire de Belfort. "C'est le principe du renard libre dans le poulailler mondial libre qu'on nous propose."

"Avec la Constitution, on n'aurait pas pu lancer le TGV, faire voler Airbus ou Ariane", a estimé M. Dupont-Aignan. "Cette Europe n'est pas construite par les peuples et pour les peuples", a renchéri le communiste Maxime Gremetz.

MM. Gremetz et Dupont-Aignan ont cependant exprimé des opinions divergentes sur l'adhésion de la Turquie. Alors que le député UMP a réaffirmé son hostilité à l'entrée d'Ankara, le communiste a expliqué que "la Turquie peut demander à entrer dans la communauté européenne".

Les trois partisans du "non" sont restés vagues sur l'alternative à proposer en cas de victoire lors du référendum qui devrait se tenir début juin. Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan ont tous les deux évoqué une "Europe à la carte", alors que M. Gremetz prônait une renégociation des traités.

 

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