PS

Publié le par France Républicaine

PARIS, 2 fév 2005 (AFP) - Le Parti socialiste peine à se mettre en ordre de bataille pour le "oui" au référendum sur la Constitution européenne, le poids des partisans du "non" continuant à se faire sentir dans une formation dont la discipline interne n'a jamais été la force.

Toutefois, François Hollande, premier secrétaire du PS, a prévenu mercredi soir les socialistes qui ont annoncé leur intention de maintenir leur campagne pour le non que "les règles (du parti) seront appliquées". Selon lui, "c'est l'honneur des socialistes de respecter la loi de la majorité".

L'ampleur chez les députés socialistes (38% d'entre eux) de l'abstention sur la révision de la Constitution préalable à la tenue du référendum, mardi à l'Assemblée, est venue rappeler la césure interne sur l'Europe, en dépit de la consigne très nette de M. Hollande de voter pour ce projet de loi gouvernemental.

Elle coïncide avec une série de prises de position hostiles au traité dans plusieurs unions départementales ou syndicats CGT (cheminots, Paris) ou FO, observées de près par l'état-major du PS.

Le "oui" à la Constitution européenne l'ayant largement emporté sur le "non" (58,6% contre 41,4%) au référendum interne au PS le 1er décembre, M. Hollande a aussitôt fait savoir qu'il n'y aurait "qu'une seule campagne du PS, pour un oui franc, fort et socialiste".

Seule une toute petite minorité, incarnée par le sénateur Jean-Luc Mélenchon, dirigeant de Nouveau Monde (gauche du parti), affiche haut et fort sa différence en continuant à plaider pour le non.

Lors d'un forum au salon des Comités d'entreprise mercredi, M. Mélenchon a pu vérifier sa convergence de vues avec la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, qui passait justement par là... Il n'aurait "aucune honte", a-t-il dit, à battre l'estrade avec les communistes, il l'a fait "des centaines de fois".

Ligne rouge

Mais pour la direction, c'est précisément là que se situe la ligne rouge à ne pas franchir pour ne pas s'exclure de soi-même du parti.

Ce sont surtout les méthodes utilisées par les "Hollandais" pour imposer la ligne majoritaire qui font des vagues.

Dans la fédération de l'Hérault aux mains de ces derniers, la saisine de la commission fédérale des conflits concernant 14 militants engagés pour le Non - "à titre personnel" selon l'un d'eux contacté par l'AFP - a créé un malaise relayé par quelques responsables nationaux.

La difficulté tient aussi parfois à la multiplicité des "casquettes", des récalcitrants militant aussi dans des associations altermondialistes (Attac, Copernic) ou dans un syndicat favorable au "non". C'est le cas par exemple de Gérard Filoche, membre du Bureau national du PS.

A la réunion du Bureau national mardi soir - une instance où le "non" est majoritaire - l'un des dirigeants de la minorité Nouveau Parti socialiste, Vincent Peillon, a critiqué "le ton comminatoire, procédurier" d'une circulaire sur l'organisation de la campagne référendaire du parti.

Henri Emmanuelli, l'autre leader de Nouveau Monde, s'est plaint que "même au PCF, on ne procède plus ainsi".

Résultat, l'annexe, rappelant la gamme des sanctions prévues dans les statuts pour les indisciplinés, est passée à la trappe. Quant à la mise en place de comités du "oui" départementaux, elle ménagera davantage, à la demande des minorités du parti, les responsables de fédérations qui jugeraient incompatible avec leurs convictions leur engagement pour le "oui".

Cette fronde s'exprime d'autant plus facilement que le sommet du parti est lui-même divisé, M. Hollande et Laurent Fabius s'opposant sur la stratégie du parti, qualifiée par le numéro 2 d'"opposition en caoutchouc".

 

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