PS

Publié le par France Républicaine

PARIS, 18 jan 2005 (AFP) - Un nombre significatif de députés socialistes, dont Laurent Fabius, Henri Emmanuelli et Arnaud Montebourg, ont l'intention de s'abstenir sur le projet de loi de révision constitutionnelle préalable à l'organisation du référendum sur la Constitution européenne.

Ces trois figures du parti, qui avaient pris position pour le non lors de la consultation interne au PS sur le traité européen le 1er décembre, trouvent chacun dans le projet de loi des raisons supplémentaires de contestation.

Le patron du parti, François Hollande, relayé par le président du groupe parlementaire, Jean-Marc Ayrault, a pourtant annoncé la couleur, mardi, lors de la première réunion du groupe de la rentrée parlementaire: les socialistes doivent "voter pour" le projet gouvernemental, il "n'y a pas de liberté de vote".

Les députés statueront mardi prochain, le texte venant en séance le même jour.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont insisté sur "la nécessaire cohérence" des positions socialistes. Le oui franc (près de 59% des voix des militants) au traité européen exprimé lors de la consultation interne du 1er décembre doit entraîner à leurs yeux l'approbation de la réforme de la Constitution française, préalable à la tenue du référendum national.

"Le lien est indissoluble" entre l'un et l'autre, a déclaré M. Hollande à l'AFP.

Cependant, dans ses voeux à la presse, M. Ayrault a affirmé qu'il "veillera au respect" des convictions de chacun. Il a récusé toute "logique de caporalisation, à condition que la cohérence et la lisibilité de notre démarche ne soit pas altérée".

Laurent Fabius, député de Seine-maritime, a critiqué plusieurs clauses du projet gouvernemental, notamment l'organisation "obligatoire" d'un référendum pour tout nouvel élargissement postérieur à l'entrée de la Croatie, et il a rappelé son hostilité à l'adhésion de la Turquie à l'UE, a expliqué son lieutenant Claude Bartolone.

Henri Emmanuelli (Landes) et Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), leaders respectifs des minorités du parti Nouveau Monde et Nouveau Parti socialiste, ont aussi exprimé leur intention "de ne pas voter pour" ou de "s'abstenir".

Quant aux députés hollando-jospinistes qui avaient fait campagne pour le non à la Constitution européenne, comme Manuel Valls, ils hésitent encore "entre l'abstention et le oui", selon l'un d'eux, Jean-Pierre Balligand (Aisne).

Un responsable socialiste favorable à l'abstention estime qu"entre 45 et 50 défections" pourraient être enregistrées dans les rangs des députés PS (qui sont au total 141 plus 8 apparentés).

L'automaticité d'un référendum pour tout nouvel élargissement met enfin dans l'embarras des partisans du oui, qui veulent voir les élus "assumer" leur choix plutôt que de s'abriter derrière une consultation systématique du peuple.

Tentée de s'abstenir, Marylise Lebranchu (Finistère), ancienne ministre du gouvernement de Lionel Jospin, a laissé prévoir qu'elle voterait oui, car "une abstention serait comprise comme une abstention sur le traité européen".

 

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article