conséquences d'un NON

Publié le par France Républicaine

Par Emmanuel DEFOULOY

PARIS, 25 mai 2005 (AFP) - Le gouvernement et les partisans du "oui" au référendum sur la Constitution européenne brandissent la menace d'une "crise économique" en cas de victoire du "non", relativisée par des économistes qui décrivent quoi qu'il arrive une tendance au ralentissement en Europe.

"En termes de croissance et de performance économique à moyen terme, l'adoption ou le rejet de la Constitution , hélas, ne change pas grand chose, ça ne peut pas être bien pire qu'actuellement", juge Evariste Lefeuvre, économiste à Ixis-CIB (Groupe Caisses d'Epargne).

"Si on regarde les gains de productivité et l'évolution de la population active en zone euro, on est sur une croissance potentielle autour de 1,6% par an", ajoute-t-il, confirmant le pronostic fait lundi par le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, pour qui cette croissance devrait rester "faible" au premier semestre et "modérée" en 2005 et 2006.

Avec une récession en Italie et des productions industrielles en berne en Allemagne, en France ou au Royaume-Uni, la situation économique est déjà difficile, estime le consultant Jean-Luc Gréau.

La campagne "se situe dans le contexte d'une récession industrielle de l'Union et d'un emballement du mouvement de délocalisations dont les pleins effets sur l'emploi et les équilibres financiers ne seront comptabilisés qu'après la consultation", quel que soit son résultat, ajoute-t-il.

Pour M. Lefeuvre, ce résultat n'aura pas d'effet en lui-même sur la concurrence fiscale au sein de l'UE , "car la Constitution prévoit, comme le Traité de Nice, le vote à l'unanimité pour l'harmonisation fiscale".

Mais l'économiste ne prévoit pas non plus à court terme en cas de victoire du non "de vague d'euphorie pour le fédéralisme budgétaire" - alors que les partisans socialistes du non comme Laurent Fabius ou Henri Emmanuelli prônent un budget en hausse -, tant les pays contributeurs comme l'Allemagne, la Suède ou les Pays-Bas sont réticents dans les discussions actuelles à verser plus.

Economiste chez Exane (BNP Paribas), Emmanuel Ferry montre lui davantage d'inquiétude. Alors qu'il jugeait fin mars "les enjeux du traité assez limités sur le plan économique et financier" et présentait même "une crise institutionnelle" comme "salutaire", il craint désormais "un impact négatif sur la confiance (dépenses de consommation et investissement)".

Il prévoit même en cas de victoire du non un risque de divergences entre pays de la zone euro, "la fin du Pacte de stabilité", "une détérioration rapide des finances publiques" et "un risque de dislocation de l'euro".

Quel que soit le résultat du référendum, les divergences économiques entre pays de la zone euro sont cependant déjà patentes, comme les difficultés budgétaires de certains pays, Italie ou Portugal en tête.

Ixis-CIB prévoit d'ailleurs un déficit budgétaire italien de l'ordre de 4,5% à 5% du PIB en 2006, cette tendance amenant déjà "les marchés financiers à pénaliser la dette italienne", selon M. Lefeuvre.

L'économiste ne décèle pas non plus de "risque majeur" pour l'euro, car il n'y a selon lui "pas de changement radical du cadre de gestion économique de la zone euro et de la politique monétaire entre le Traité de Nice et la Constitution ". La parité euro-dollar est surtout déterminée selon lui par des facteurs américains (inflation, croissance, taux d'intérêt et déficit commercial).

 

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