NON

Publié le par France Républicaine

Par Alexandra TURCAT

PARIS, 20 mai 2005 (AFP) - Les tenants du non, apparemment bien installé dans les intentions de vote, focalisent désormais leurs critiques sur "l'Europe libérale" aidés en cela par la grogne économique et sociale, les mauvais indicateurs économiques et l'invasion du textile chinois.

Alors qu'en début de campagne, les arguments du non s'éparpillaient entre le non à l'entrée de la Turquie dans l'UE , du côté de la droite, et la lutte contre l'Europe libérale, du côté de la gauche, un thème commun s'est dégagé, notamment autour de la "protection" des acquis sociaux.

Les partisans du non, des deux bords politiques, évoquent les menaces d'un nivellement vers le bas des normes sociales avec l'intégration dans l'Union des pays de l'Est plus pauvres que leurs prédécesseurs.

D'abord en retrait après la victoire du oui au référendum interne du PS, Laurent Fabius semble avoir pris la tête de la contestation, tandis que Philippe de Villiers (MPF), omniprésent en avril, paraît marquer le pas, et que Jean-Marie Le Pen (FN) reste relativement discret. Même à l'extrême gauche Olivier Besancenot (LCR) ou Marie-Georges Buffet (PCF) semblent relégués au second plan derrière l'ancien premier ministre socialiste.

Même s'il ne tient pas de meeting, Laurent Fabius fait campagne à travers les médias et n'hésite pas s'afficher avec les tenants du non situés à gauche du PS, comme l'altermondialiste José Bové.

"Le 29 mai, ou bien on vote pour l'Europe sociale, ou bien on vote pour l'Europe libérale", affirme-t-il. Pour lui, "la gauche, c'est incontestable, se retrouve derrière le non".

Les partisans du oui comme le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin tentent d'y opposer une "Europe protection", opportunément appuyée par les premières mesures européennes de restriction des importation de textile chinois. Le président de l'Union des industries textiles (UIT), Guillaume Sarkozy, a cependant jugé ce geste "complètement insuffisant".

Même Philippe de Villiers, peu connu pour ses sympathies gauchistes, a axé une partie de son argumentation sur la nécessité du "rétablissement des quotas sur le textile chinois pour protéger le textile français".

Villiers, mais aussi le député souverainiste UMP Nicolas Dupont-Aignan ou Jean-Marie Le Pen, continuent toutefois à défendre leur autre cheval de bataille: la dilution "de la souveraineté" française au profit de l'Europe et ses conséquences, selon eux, en matière de sécurité.

Dans le sens inverse, Laurent Fabius n'a pas hésité à faire un pas en direction des gaullistes. Le 12 mai il présidait, assis au côté du souverainiste Paul-Marie Couteaux, un dîner-débat de l'Académie du Gaullisme.

En dépit de ces points de concergence, samedi deux grands "meetings du non" bien distincts se tiendront à Paris : Place de la République Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PS), Olivier Besancenot (LCR) et José Bové défendrons "le non de toutes nos forces", tandis que Porte de Versailles, Philippe de Villiers organise son "grand meeting pour le "non" souverainiste.

 

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