délocalisations

Publié le par France Républicaine

RIS-ORANGIS (Essonne), 19 mai 2005 (AFP) - Une cinquantaine de salariés victimes de plans sociaux ou menacés de l'être, venus des entreprises Sediver, Snecma, Norbert Dentressangle, STMicroelectronics notamment, ont appelé jeudi à voter "non" à la Constitution européenne, pour "rejeter l'Europe libérale".

Réunis devant les grilles de l'usine de biscuits LU-Danone de Ris-Orangis fermée depuis 2003, ils avaient invité des personnalités du monde politique engagés pour le "non": Patrick Braouezec (PCF), Olivier Besancenot (LCR), Francine Bavay (Verts) et Yves Salesse, de la fondation Copernic.

"Tout le monde a un avis sur la Constitution , pas seulement Johnny Hallyday!" a lancé au micro Jean-Marie Michel, délégué syndical CGT du fabricant de semi-conducteurs StMicroelectronics, qui va supprimer 3.000 emplois dans le cadre d'une vaste restructuration.

"Nous, salariés, sommes au coeur du combat pour l'emploi, ce qui nous rend légitimes pour juger la constitution sur le terrain social", poursuit-il, debout devant une banderole clamant: "DaNONe. Ils licencient. Nous boycottons".

Ces salariés victimes de plans sociaux ont voulu "s'inviter dans la campagne", a expliqué Farid Djitli, délégué de l'intersyndicale de l'usine LU, car ils ont "pris conscience des dégâts causés par les politiques libérales" inscrites, selon eux, dans la constitution soumise au référendum du 29 mai.

Déclarant "vouloir une Europe tirée vers le haut, avec de bons salaires", ils ont dit craindre une accélération des délocalisations d'industries "pas seulement textiles, mais de pointe et de services", vers l'Europe de l'Est et l'Asie, mais aussi des "licenciements boursiers", contre lesquelles le traité n'offre selon eux aucune protection.

Pour Christelle Glemet, déléguée syndicale CGT de l'entreprise Timing, (renseignements téléphoniques de SFR), qui délocalise une partie de ses activités au Maroc, le principe de "concurrence libre et non faussée" inscrit dans le traité organise la "mise en concurrence généralisée des salariés". "Nous, travailleurs de Timing, Sediver, STMicro, Thomson, ce n'est pas cette Europe-là que nous voulons!", a-t-elle affirmé.

Yves Salesse, de la fondation Copernic, a résumé l'opinion générale en lançant: "On nous demande, le 29 mai, de donner notre accord à ces politiques libérales de régression sociale: c'est non".

 

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