PS - Fabius

Publié le par France Républicaine

Par Véronique BUTTIN

PARIS, 17 mai 2005 (AFP) - Photographié au côté de l'altermondialiste José Bové, interviewé par le quotidien communiste l'Humanité, reconnu dans un sondage comme personnalité défendant le mieux le non, Laurent Fabius, numéro 2 du PS mène tous azimuts son offensive contre la constitution européenne.

Après une campagne très active auprès des militants socialistes pour défendre le non au référendum interne du 1er décembre, Laurent Fabius avait annoncé qu'il ne participerait à aucun meeting par respect du choix du parti en faveur du traité, tout en confirmant son opposition au texte.

Alors que d'autres dirigeants du PS favorables au non, Jean-Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli, ont rapidement choisi de faire campagne, s'affichant sur les tréteaux et éditant force affiches, tracts et livrets, Laurent Fabius n'avait pas voulu braver la direction socialiste et était resté en retrait.

En pleine campagne, il s'offrait même le luxe de s'absenter deux semaines pour cause de conférences ... sur l'Europe aux Etats-Unis.

Mais depuis une semaine, alors que les sondages donnent successivement le oui et le non gagnant à douze jours du référendum, Laurent Fabius a donné un tour nouveau à son engagement, en rupture avec la ligne officielle de son parti.

Une volonté de revenir dans le débat qu'il justifie d'abord par la déclaration de Jacques Chirac affirmant "on ne peut pas dire +je suis européen+ et +je vote non+", mais aussi par le regain, apparemment éphémère, du oui dans les sondages.

Depuis, l'ancien premier ministre marque la campagne de sa présence. Vendredi, il était annoncé, ainsi qu'Henri Emmanuelli, à la conférence de presse organisée notamment par la Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand et consacrée à la gestion des ressources de la planète en eau.

Il n'y fera qu'un très bref passage, sans prendre la parole, se laissant photographier avec la veuve de l'ancien chef de l'Etat, François Mitterrand, elle aussi pour le non. En revanche, on ne le verra pas au côté d'Henri Emmanuelli.

Autre image très symbolique, celle de sa rencontre, lundi à Rouen, avec l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne José Bové. Un rendez-vous très médiatisé dans le fief de M. Fabius qui n'a cependant pas participé dans la soirée au meeting des tenants du non de gauche avec José Bové, mais aussi Olivier Besancenot (LCR) et Jean-Luc Mélenchon (PS).

Point d'orgue de ce rapprochement avec la gauche radicale, la première interview accordée mardi au quotidien communiste l'Humanité dans laquelle il définit à nouveau les grandes lignes de la renégociation du traité en cas de victoire du non.

"Il y aura une nouvelle discussion", affirme-t-il tandis que le débat s'envenime autour de la possibilité d'un "plan B". "Avec un vote clair des Français en faveur du non de changement, la France sera en position solide", assure-t-il.

A gauche, cette posture est violemment contestée par la direction du PS. "Je ne m'occupe pas de Laurent Fabius, je m'occupe des Français", a asséné François Hollande, premier secrétaire, tout en ironisant: "C'est crédible quand on a été premier ministre et ministre de l'économie, qu'on a fait les choix que chacun connaît, maintenant d'aller faire la cour à l'Humanité ou à José Bové ?".

Si Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, affirme vouloir accueillir tous les partisans du non de gauche, en revanche, pour Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, "M. Fabius va voter non mais n'est pas pour autant devenu un ami des travailleurs".

 

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