PS - Fabius

Publié le par France Républicaine

PARIS, 12 mai 2005 (AP) - Pas de polémique: violemment pris pour cible cette semaine par les partisans du "oui" au PS qui l'accusent de défendre des arguments "xénophobes" et de jouer "sur les peurs", Laurent Fabius a joué jeudi la carte de l'apaisement en invitant ses "camarades" à ne pas mettre à mal l'"indispensable" unité du parti.

L'origine de ce tir de barrage: ses propos sur le risque d'un "décrochage social" en France en raison des différences avec les pays de l'Est. François Hollande a ainsi dénoncé des thèses où "l'ennemi est l'étranger". "Très choquée", Martine Aubry l'a accusé d'"attiser la peur". Le N3 du PS Frangois Rebsamen, enfin, a fustigi des arguments aux relents "xénophobes".

Invité jeudi de l'émission "Question d'info" sur France-Info et "La Chaïne Parlementaire", Laurent Fabius a refusé à répondre. "Je me suis fixé une règle dont je ne dérogerai pas, qui est: je ne porte jamais aucune critique d'aucune sorte par rapport à ce qui est dit", a-t-il calmement expliqué. "Je crois qu'il est très mauvais de monter la gauche les uns contre les autres. Notre adversaire commun, ce devrait être -en tout cas c'est ma conception- la droite".

Face à ses détracteurs, l'ancien Premier ministre a insisté sur le "nécessaire" rassemblement du PS au lendemain du référendum. "Travailler dans le sens de l'unité, c'est absolument indispensable", a-t-il dit, évoquant "les menaces" et "décisions prises par ce gouvernement qui pilonne complètement le monde du travail". "C'est la raison pour laquelle je refuse absolument toute polémique".

Aussi s'est-il contenté de parler du fond. A cet égard, il a estimé que minimiser le risque d'un décrochage social reviendrait à reproduire l'erreur du PS sur l'insécurité avant 2002. Lionel Jospin avait alors avoué sa "naï(veté)". "La tendance qui est à l'oeuvre, c'est d'avoir une pression de plus en plus forte vers le bas en matière sociale", a-t-il dit. "Si on dit: 'je ne veux rien voir', ça me fait penser un petit peu (...) à quand on disait: 'le problème de la sécurité n'existe pas'".

A ceux qui l'accusent d'avoir retourné sa veste après avoir dit "oui" aux traités de Maastricht ou de Nice, il a répondu qu'il ne faisait que "tirer les leçons". "Je suis à la fois fidèle à l'engagement que j'ai pris dans le passé, mais en même temps je tire les leçons de l'expérience". Ainsi, a-t-il dit, si l'euro a été un progrès, la politique de la BCE est "contre-productive". Or, elle est selon lui reprise dans la Constitution.

 

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article