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Publié le par France Républicaine

Par Isabelle CORTES

PARIS, 26 avr 2005 (AFP) - Un contrat de fret ferroviaire international a été pour la première fois attribué à une société privée, Connex, ce qui donne le coup d'envoi réel de l'ouverture à la concurrence du fret ferroviaire en France, marché où la SNCF régnait jusqu'alors sans partage.

Connex (groupe Veolia Environnement) a annoncé officiellement mardi l'obtention par sa filiale CFTA Cargo du premier contrat de fret ferroviaire transfrontalier entre la France et l'Allemagne, d'un montant de dix millions d'euros sur cinq ans.

Les premiers trains, destinés aux sidérurgistes allemands Dillinger Hutte et Saarstahl, circuleront courant juin sur une ligne ralliant le département de la Meuse (est) au land allemand de la Sarre, selon un communiqué.

"La formation des conducteurs, ainsi que les locomotives et les wagons utilisés, seront préalablement certifiés dans le strict respect des obligations décrites dans les certificats de sécurité, selon des standards analogues à ceux en vigueur pour la SNCF et la Deutsche Bahn", a souligné Connex.

La CFTC-Cheminots avait annoncé mardi dernier la circulation de ce premier train de fret ferroviaire privé. Elle avait précisé que le convoi, initialement programmé pour le 16 mai, lundi de la Pentecôte, devrait circuler le 13 juin.

"Aucune explication n'a été fournie sur ce retard, qui peut trouver sa source dans des problèmes techniques, économiques ou politiques (référendum du 29 mai en France sur la Constitution européenne)", avait-elle expliqué.

Le syndicat CFTC avait également dénoncé la brièveté de la formation des conducteurs... assurée par la SNCF. "A la SNCF, un cheminot devient conducteur de trains de marchandises au bout de 9 mois de formation (...) Pour Connex, la formation doit durer moins de six semaines", selon la CFTC.

La France a officiellement ouvert depuis le 15 mars 2003 ses lignes internationales de fret à la concurrence, en application d'une directive européenne, mais aucun opérateur n'était venu jusqu'alors concurrencer la SNCF sur son réseau.

Les candidats doivent obtenir une licence d'entreprise ferroviaire, s'ils ne sont pas encore opérateurs ferroviaires, et un certificat de sécurité auprès du ministère des Transports. Ils doivent aussi demander à Réseau Ferré de France (RFF), gestionnaire des infrastructures, des "sillons" pour circuler sur un itinéraire déterminé à des horaires précis.

L'arrivée d'un concurrent sur les lignes exploitées par la SNCF sera une première en France. Dans d'autres pays comme l'Allemagne, l'Italie ou la Grande-Bretagne, les opérateurs historiques ont déjà perdu leur monopole.

A terme, l'enjeu est de taille pour la SNCF, car les lignes internationales de fret ouvertes à la concurrence représentent plus de la moitié de son trafic de fret, très déficitaire. Elle a lancé un plan sur trois ans pour ramener ses activités de fret à l'équilibre en 2006.

"Il n'y a pas de fatalité à la défaite du fret SNCF dans les appels d'offres", jugeait récemment le patron du fret Marc Véron.

L'ouverture à la concurrence, qui inquiète beaucoup les syndicats de la SNCF, doit à terme s'étendre aux lignes intérieures de fret et au transport de passagers en France, comme dans les autres pays de l'UE .

La France a consenti à avancer d'un an, au 1er janvier 2006, l'ouverture du marché intérieur du fret, en contrepartie du feu vert de la Commission européenne au plan de redressement de la branche fret de la SNCF.

 

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