Jean-Luc Mélenchon

Publié le par France Républicaine

Par Thierry MASURE

BELFORT, 16 avr 2005 (AFP) - Porté par la vague du non de gauche au référendum européen qu'il sent monter dans le pays, Jean-Luc Mélenchon savoure le bonheur de voir se dessiner "l'union des gauches", seule capable à ses yeux de faire reculer le libéralisme et de redonner espoir.

"J'aurais payé pour avoir ça!", s'enthousiasme le sénateur socialiste en découvrant les photos de presse du meeting en faveur du non, jeudi au Zénith à Paris, où il bavarde avec Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du PCF, Olivier Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire), José Bové ou Claire Villiers, venus du syndicalisme.

"C'était le Zénith le plus important et François Hollande qui n'existe plus", ajoute-t-il satisfait de constater que le premier secrétaire du PS, partisan du oui, n'est pas encore parvenu à faire la course en tête.

Ce meeting parisien est encore dans les esprits ce soir-là, avant que ce licencié en philosophie de 53 ans n'intervienne au centre Benoît Frachon, géré par le comité d'entreprise d'Alstom à Belfort (environ 3.000 salariés), à l'invitation du syndicat de la métallurgie CFDT du département.

Pour ce "fils de petits fonctionnaires" comme il se dépeint, "quand on est de gauche, on doit être unitaire". "Je mène une campagne sans exclusive. Qu'est-ce que j'irais faire tout seul?". D'autres meetings unitaires l'attendent, d'ici le vote du 29 mai.

"notoriété"

Certes, selon le fondateur du club "Pour une République sociale" (PRS), sous la bannière duquel il fait campagne, il "serait insultant de dire qu'il n'y a pas de oui de gauche" mais, juge-t-il, "ils" font fausse route. "Le couvercle a explosé. Une énergie populaire considérable est en train de se dégager, je n'ai pas connu ça depuis le programme commun" de la gauche, en 1977, affirme-t-il.

Et de raconter les témoignages de solidarité, comme cette affluence de 800 personnes à Saint-Juery (Tarn), ce chauffeur de la RATP qui, au volant de son autobus dans Paris, klaxonne en l'apercevant, ou ce serveur de la gare de l'Est qui, spontanément, lui glisse un billet de 20 euros pour financer sa campagne.

Trente mille badges +Pour moi, c'est non+, sur fond rouge sombre - le même que celui des affiches de Lionel Jospin pour la présidentielle de 2002 - ont été fabriqués, un million d'affiches commandées. "On a fait avec deux bouts de laine et trois bouts de ficelle", raconte-t-il, en finançant à chaque fois l'impression de nouveaux badges par le produit de la vente du stock précédent.

"Cette campagne m'a donné une notoriété que je n'avais pas avant", explique l'ex-leader de la Gauche socialiste au PS. "En se référant à moi, il est plus facile, pour les socialistes qui voulaient s'engager pour le non, de le faire".

M. Mélenchon se dit persuadé, visant la majorité de son parti, que "le centre de gravité de la gauche n'est pas entre la droite et le PS, mais entre la mouvance socialiste et le reste de la gauche".

Pour lui, "la force du non peut être refondatrice pour la gauche". "Créer un pont avec le PC permet de construire des regroupements: Marie-George Buffet évite un tête-à-tête avec Besancenot et nous, à PRS, nous sortons d'un tête-à-tête avec le PS. C'est l'union des gauches".

Jean-Luc Mélenchon espère "convaincre" Laurent Fabius que telle est la bonne stratégie. Quant à Henri Emmanuelli, parti seul en croisade pour le non, il estime qu'il "ne peut pas rester à côté du mouvement qui est en train de se faire".

 

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