NON de gauche

Publié le par France Républicaine

PARIS, 14 avr 2005 (AFP) - Une ambiance conviviale régnait dans les allées du Zénith à Paris, juste avant le début du meeting unitaire pour un non de gauche au référendum sur la Constitution européenne organisé à l'initiative du PCF, chacun des invités redoublant d'amabilités et de déclarations joyeuses.

Alors que 4 à 5.000 personnes, en grande majorité des communistes, remplissaient progressivement la salle, sur fond d'écran bleu proclamant "l'espoir - le 29 mai, je vote non!", les caméras et les micros des nombreux médias présents s'agglutinaient autour des invités politiques dont les accolades étaient dûment filmées.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, embrassait d'abord le syndicaliste paysan José Bové, puis Olivier Besancenot de la LCR. Le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon saluait son ami José Bové, commentant : "il m'explique la paysannerie, je lui explique les banlieues".

Puis, il allait embrasser, à quelques pas de là, Claire Villiers, d'Alternative citoyenne et venue à la politique par le syndicalisme. Celle-ci venait d'échangeait des propos avec Francine Bavay, vice-présidente Verts de la région Ile-de-France.

Sylvain Pattieu et Maxime Combes, présélectionnés dans l'échantillon de jeunes appelés à interroger Jacques Chirac et qui ont affirmé, arguments à l'appui, avoir été finalement écartés parce qu'ils refusent la Constitution européenne, se tenaient eux aussi au pied de la tribune, répondant aux questions des journalistes.

Une trentaine d'interventions étaient prévues dans la soirée. Chacun se félicitait d'être "ici plutôt que devant la télévision" - une allusion à l'intervention télévisée de Jacques Chirac, pour "vivre un moment d'enthousiasme".

Marie-George Buffet, en tant que puissance invitante, visiblement radieuse, se félicitait de "sentir chez les gens une +fierté d'en être+" et assurait que "ce qui va faire gagner le non, c'est la gauche". Elle revendiquait clairement l'union dans les différences: "vivons notre diversité, nous nous rassemblerons sur le non".

 

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PARIS, 14 avr 2005 (AP) - Réunis au Zénith au moment même où Jacques Chirac intervenait sur TF1, les leaders du "non" de gauche se sont amusés jeudi soir de ce "face-à-face" entre "un meeting de la France d'en bas" et le "show médiatique" du chef de l'Etat, qualifié pêle-mêle de "mascarade", de "débat tronqué" ou d'"insulte aux citoyens".

C'est "un face-à-face tout à fait étonnant et singulier entre un meeting populaire" et "un show médiatique organisé avec des animateurs de télé", a ironisé José Bové peu avant l'ouverture du meeting. "Parler dans un cadre tel que celui qu'il a prévu, dans lequel on sélectionne les gens de manière très limitée, où on ne parle pas face à un adversaire, c'est une erreur politique" et "une insulte aux citoyens qui auraient aimé avoir un vrai débat", a estimé l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne.

"Je crois que ça va être un festival" de "bêtises", a grincé le socialiste Jean-Luc Mélenchon, qui s'en "amus(ait) d'avance". "Il y a quelques semaines, visiblement, il n'avait pas lu le texte", a-t-il dit, "il a dû réviser, il va donc être meilleur ce soir". Invité pour la première fois à un meeting du PCF, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot a dénoncé une "mascarade". "Il y a deux poids deux mesures: des coups de matraque pour les lycéens et un tapis rouge pour un panel", a-t-il fustigé.

"Il était temps qu'il s'en mêle", a renchéri la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet. "C'est son bébé, c'est normal qu'il le défende, c'est sa politique, la politique de la droite, la politique libérale", "c'est tout à fait logique de sa part". Dans la salle de concerts du Zénith, une banderole était tendue, sur laquelle on pouvait lire: "Est-ce qu'on a une gueule de panel? La Constitution libérale, nous, c'est 'non'".

Au-delà de l'intervention du chef de l'Etat, tous se sont indignés de l'amalgame fait par le patron du PS François Hollande entre le "non" de gauche et celui de l'extrême droite.

"C'est une insulte aux hommes et aux femmes qui sont là ce soir", a déploré la N 1 communiste, "ce genre d'arguments, c'est vraiment panique à bord. Moi je respecte les hommes et les femmes de gauche qui disent 'oui'", a-t-elle souligné. "Après le 29 mai (date du référendum, NDLR), il faudra qu'on travaille tous ensemble pour entendre ce que nous auront dit les électeurs", loin des "anathèmes" et "amalgames".

"Ce n'est clairement pas la même chose", a ajouté Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes parvenus, nous le 'non' de gauche, à structurer le 'non' des Français, c'est nous qui sommes leaders, tandis que mes camarades du 'oui' de gauche ne sont pas arrivés à structurer le 'oui' des Français", a-t-il observé. Et de prendre date: "si le 'non' gagne, il y aura une dynamique à gauche antilibérale".

 

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PARIS, 14 avr 2005 (AFP) - Le président Jacques Chirac et l'émission télévisée sur TF1 relative au référendum sur la Constitution européenne étaient jeudi soir la cible privilégiée des responsables du non de gauche réunis pour un meeting au Zénith en présence, selon les organisateurs, de 6.000 personnes.

Interrogés par la presse avant le coup d'envoi de la réunion, ils s'en sont pris, comme le syndicaliste paysan José Bové, à "M. Chirac (qui) montre la façon dont il conçoit la politique, en se moquant des Françaises et des Français".

"On se retrouve ce soir avec un face-à-face tout à fait étonnant et singulier entre d'un côté un meeting populaire et de l'autre un show médiatique avec des animateurs de télé, sans véritable débat", a observé l'ex-dirigeant de la Confédération paysanne, en accusant le chef de l'Etat de "ne pas assumer son oui".

Selon M. Bové, la réunion du Zénith "est vraiment le grand meeting du non au libéralisme".

La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a jugé, sur le mode de l'ironie, qu'il était "temps que Chirac prenne la tête de la campagne pour le oui pour ce traité de droite".

De son côté, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon confait qu'il "regarderait Chirac tout à l'heure", après le meeting. "Je m'en amuse d'avance", a-t-il ricané.

Chez les Verts et les représentants de la société civile, on mettait l'accent, comme Francine Bavay et Claire Villiers, vice-présidentes de la région Ile-de-France, sur "l'irruption citoyenne dans cette campagne", à l'origine, selon elles, de la progression du non dans les intentions de vote.

 

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PARIS, 14 avr 2005 (AFP) - Syndicalistes, chômeurs, sans-papiers, salariés, lycéens, grévistes, militants sur l'estrade: au même titre que les têtes d'affiche de la réunion, le "peuple de gauche" s'est défoulé jeudi soir contre la Constitution européenne mais aussi le gouvernement Raffarin lors d'un meeting organisé à Paris par le PCF.

Ce rassemblement de 6.000 personnes, selon les organisateurs, a pris l'allure d'une vraie "assemblée générale du non", selon la formule d'un "présentateur" de la réunion, une trentaine d'intervenants prenant la parole pour dire, dans une ambiance survoltée ("On va gagner, on va gagner!"), leurs raisons d'appeler à voter contre le texte de la "Constitution de droite libérale".

Avant même le début de la réunion, le débat télévisé du président de la République Jacques Chirac avec 80 jeunes avait été la cible privilégiée des orateurs s'exprimant devant la presse.

"Il est temps que Chirac prenne la tête de la campagne pour le oui pour ce traité de droite", a ironisé la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet. "Je n'exclus pas que son arrogance nous fasse gagner quelques points ce soir", a renchéri le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon.

Deux jeunes présélectionnés parmi ceux appelés à interroger Jacques Chirac, avant d'être écartés, Sylvain Pattieu et Maxime Combes, sont venus affirmer: "On est mieux ici qu'à Elysée!", brocardant "la Chirac Academy". Des lycéens en grève ont appelé "les enseignants, les militants et les syndicalistes à (les) rejoindre dans la rue pour faire tomber la loi Fillon".

Intervenant en milieu de meeting, Marie-George Buffet a salué dans le vote non, "un vote citoyen", y voyant "une formidable chaîne de l'intelligence : on travaille, on lit, on débat".

"Une gauche diverse"

Selon la numéro 1 du PCF, tout est lié, Constitution européenne et situation intérieure. "Les Français ont raison d'utiliser le 29 mai pour dire non à cette politique-là", la politique libérale du gouvernement, a-t-elle déclaré.

Auparavant, M. Mélenchon avait exprimé sa joie de se retrouver dans "la famille" de la gauche, "diverse et convergente dans l'action". "Cet instant, c'est que du bonheur!", a-t-il dit.

Le sénateur socialiste s'est félicité de voir "le peuple français s'intéresser à son destin, relever la tête" et de constater que, selon lui, "c'est le non de gauche qui structure le non des Français".

Porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, longuement et chaleureusement applaudi par une salle majoritairement communiste, a fait part de son émotion et de son enthousiasme "d'être là" après des décennies de glaciation entre le PCF et la Ligue.

"C'est une première pour moi, il était temps de nous retrouver sur le terrain politique alors que nous nous croisons dans les luttes et les manifestations", a-t-il lancé.

Premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen, Georges Sarre a jugé que si le non l'emporte "se fermera enfin la parenthèse libérale ouverte en 1983 par le gouvernment de Pierre Mauroy et Jacques Delors".

Pour Alternative citoyenne, Claire Villiers, vice-présidente de la région Ile-de-France, s'est réjouie "de vivre un moment politique extraordinaire" parce que "nous montrons (...) que le libéralisme n'a pas gagné".

Enfin, José Bové, syndicaliste de la Confédération paysanne, a appelé les Français à ne pas "avoir de complexes parce que ça (le non) va être une véritable épidémie". "Le 29 mai, on aura foutu un formidable coup de pied aux fesses à cette société libérale qu'on veut nous imposer", s'est-il exclamé.

 

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