NON de gauche

Publié le par France Républicaine

Par Véronique BUTTIN et Thierry MASURE

PARIS, 13 avr 2005 (AFP) - Un grand meeting, qui se veut "une démonstration de la puissance et de l'unité du non de gauche", réunit sur la même tribune, jeudi soir au Zénith à Paris, des personnalités représentant presque tout l'éventail des sensibilités de gauche hostiles à la Constitution européenne.

Cette réunion, à l'initiative du Parti communiste français et prévue de longue date, se tiendra à l'heure même où le président de la République Jacques Chirac défendra le oui face à des jeunes au cours d'une émission télévisée décalée d'une semaine, une coïncidence qui ravit les organisateurs.

"Tandis que Jacques Chirac trie des jeunes pour les instrumentaliser à l'appui de son oui, le non de gauche dans toutes ses diversités se rassemble au Zénith", s'est félicité le PCF.

Alors que le chef de l'Etat va s'employer à refaire le terrain perdu par le oui, le non, placé en tête des intentions de vote (53% en moyenne), a pris des forces et des couleurs.

"Nous avons atteint les deux objectifs que nous nous étions fixé : faire que le non soit respectable et respecté, placer le non de gauche en tête du non", affirme le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon.

Celui-ci ne parlera évidemment pas au nom de son parti, engagé dans le camp du oui, pas plus que Francine Bavay, vice-présidente (Verts) du Conseil régional d'Ile-de-France.

Prendront également la parole Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, José Bové (Confédération paysanne), Olivier Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire), Claire Villiers (Alternative citoyenne), Georges Sarre (Mouvement républicain et citoyen), Yves Salesse (Fondation Copernic).

Selon Mme Buffet interrogée par l'AFP, ce meeting "sera un des grands moments du non dans cette campagne". "Face à une campagne de la peur, nous allons rassembler à gauche, pour combattre fermement le libéralisme", a-t-elle ajouté.

Manquera tout de même à l'appel l'organisation altermondialiste Attac, pourtant invitée. "Nous avons fait le choix de ne pas participer aux réunions à l'appel d'un parti politique. En revanche, nous répondons à l'appel des collectifs unitaires", a précisé à l'AFP son président Jacques Nikonoff.

Dans cette bataille, le PCF est déjà parvenu à éviter l'isolement. Faisant preuve d'ouverture, il a même proposé la moitié de son temps d'antenne dans la campagne officielle du référendum à des personnalités du non de gauche extérieures à lui.

"L'unité est le meilleur levain pour que la pâte du non prenne", renchérit M. Mélenchon. A l'en croire, le non de gauche est "un vaste mouvement qui marche du même pas, sans chef d'orchestre ni direction politique centralisée", présent dans tout le pays à travers un maillage de comités locaux.

Il est aussi, dit-il, "sérieux, documenté, tranquille", et le parlementaire socialiste, toujours membre du Bureau national de son parti, espère que le meeting du Zénith sera "le début d'un non joyeux".

Mais cette démonstration du non de gauche coïncide avec un regain de tension avec le PS dont le premier secrétaire, François Hollande, a accusé le camp adverse de "faire le travail à la place" de Jean-Marie Le Pen, défenseur du non.

Pour ses organisateurs, le meeting du Zénith ne doit pas être l'occasion de régler des comptes. Bien qu'indigné par la petite phrase de M. Hollande, M. Mélenchon en appelle à "la tolérance".

 

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