PS

Publié le par France Républicaine

Par Thierry MASURE

PARIS, 11 avr 2005 (AFP) - Les déclarations de responsables socialistes pointant l'alliance "objective" entre les tenants du non de gauche et d'extrême droite au traité constitutionnel européen, et les réactions qu'elles ont suscitées, ont à nouveau donné un tour aigre au débat entre socialistes.

Si les partisans du oui au PS entendent ainsi souligner à l'envi "l'impasse" que créerait une victoire du non au référendum du 29 mai, à cause de ses motivations radicalement contradictoires, ceux du non y voient "un amalgame" qui "insulte" l'électorat de gauche.

La mise en valeur de la réponse identique au référendum donnée par les tenants du non de gauche et du Front national a commencé jeudi dernier, lorsque le club Témoin, dont le principal animateur est proche de François Hollande, numéro un du PS, a demandé à ceux-là, de Jean-Marie Le Pen à Laurent Fabius, d'"assumer ensemble" leur vote. "En cohérence, ils devraient assumer un projet alternatif à celui qu'en commun ils combattent", ajoutait l'association.

Le lendemain, le premier secrétaire du PS reprochait à mots couverts aux partisans du non de gauche de rendre service à l'extrême droite. "Si Jean-Marie Le Pen ne se fait pas entendre, c'est parce que d'autres font le travail à sa place", déclarait-il en marge d'une réunion publique, selon le quotidien Libération.

Sans démentir officiellement, François Hollande, a nuancé son commentaire. Interrogé par l'AFP, il a précisé que ses propos avaient été "résumés" et qu'ils "ne s'adressaient pas du tout aux socialistes". Selon lui, les divers partisans du non "sont dans une situation de juxtaposition", mais "bien sûr, ils ne se confondent pas".

Son camp a en tout cas décidé de ne pas se priver d'utiliser l'argument de la coalition de circonstance dans le camp d'en face. "Nous sommes amenés à constater que le non est accompagné de personnages peu recommandables pour la gauche", a déclaré le porte-parole du PS Julien Dray.

Il ne s'est pas fait faute de relever que le non de M. Le Pen, était "une gêne" pour le non de gauche.

Le député des Hautes-Pyrénées Jean Glavany, proche de Lionel Jospin, a embrayé. "Quel est donc ce terrorisme intellectuel qui autoriserait certains à dénoncer la +honteuse collusion du oui+ (...) mais interdirait de poser la question: +Et vous, ça ne vous gêne pas de voter non comme Le Pen et de Villiers?+"

Pour le camp du oui, cette mise à l'index vise à mettre en évidence que "le non est une aventure". S'il gagne, "quel est, dans cette coalition hétéroclite, celui des non qui l'emporte", a interpellé M. Dray. Un non souverainiste, un non par refus de l'Europe, un non pour plus d'Europe fédérale ou sociale ?

Selon Jack Lang, "il n'y a pas de programme commun entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Heureusement, d'ailleurs! Donc, il ne peut y avoir de conte-projet alternatif" à un rejet du traité.

Homme de confiance de Laurent Fabius, le député Claude Bartolone a mis ce rapprochement entre non de gauche et non d'extrême droite au compte de la montée du non mesurée par les sondages. "Voilà qu'ils en viennent à insulter les électeurs de gauche qui constituent le gros des bataillons de ceux qui veulent voter non!" s'est-il exclamé.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, qui avait dès mardi dernier mis en garde contre tout "amalgame" des non, il a protesté contre "une mise en scène blessante" et "une orientation indigne" consistant à dire que "seule l'extrême droite est légitime pour incarner la protestation antilibérale, populaire et citoyenne, qu'exprime le non de gauche".

 

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